L’entraide: un phénomène quotidien


Par Rosie Bourget

 

Peu importe les époques, l’entraide reste une valeur importante pour l’avancement de la race humaine. L’entraide est un concept que nous faisons souvent sans jamais l’avoir appris, c’est comme un muscle, plus on l’utilise, plus il devient fort. Aussi étrange que cela soit, bien des gens paraissent ignorer que l’entraide permet de développer les compétences individuelles et qu’elle favorise des rapports de coopération et de participation démocratiques. S’entraider, est un bon moyen pour nous les humains de se protéger. De plus, sans entraide nous n’aurions pas une société aussi avancée.

Par définition,  l’entraide c’est: « aide qu’on se porte mutuellement ». Cependant, notre société nous lance très jeune dans une compétition les uns envers les autres. Certains supportent très bien cet environnement et livrent une féroce compétition à leurs pairs. D’autres s’écroulent rapidement dès leurs premiers pas dans cet environnement et n’acquerront jamais un esprit compétitif. Nous connaissons des gens qui sont en compétition constante dans leur vie personnelle et professionnelle. Souvent, ils ne connaissaient que la loi du plus fort ou la loi de jungle. Pour eux, seuls survivent ceux qui sont capables de s’élever au-dessus des autres par élimination de la compétition, ou capables de marcher sur la tête des autres, généralement sans scrupule, pour se hisser au sommet de la pyramide.

Cultiver la solidarité

Nous entendons souvent parler de solidarité, par contre, nous le mettons pas en pratique. Se sentir solidaire, c’est d’abord aimer son prochain et accepter de l’aider. La solidarité est utile à la société, car elle la rend plus équilibrée et sereine. Elle est aussi bénéfique à l’individu dans sa vie quotidienne. La solidarité est le comportement qui garantit un soutien en cas de difficulté. Quand on est solidaire, on n’est jamais seul devant les situations de détresse. On se sent entouré, encouragé, aidé. Apporter de l’aide, soutenir les plus faibles, encourager ses semblables est une application de la loi de l’amour. Tout le monde a besoin de quelqu’un dans la vie, et cela dès la naissance. Il est donc indispensable que les hommes s’aiment entre eux et s’entraident.

La solidarité est un moyen de garantir la stabilité d’une société. En effet, elle permet d’offrir à chacun les moyens de vivre correctement. Aucun individu ne peut vivre sans la chaleur humaine. La solidarité n’empêche pas la réussite individuelle. De même que vivre dans l’aisance ne doit pas faire oublier ses semblables.  La solidarité est basée sur l’entraide. S’entraider, c’est apporter de l’aide et recevoir en  retour une autre aide ou de la reconnaissance. En étant solidaire avec les autres, vous contentez votre âme et vous l’illuminez. La solidarité est une boucle, vous pourriez un jour être à la place de celui qui a besoin d’aide. Il est donc important de cultiver des habitudes de solidarité dans entourage et dans la société.

Pour le progrès moral de l’homme, le grand facteur commun est l’entraide et non pas la lutte. L’entraide et la solidarité ont davantage contribué à la création et la prospérité des sociétés humaines que la compétition de chacun contre tous. Si l’entraide exerce une influence bénéfique sur la société, c’est parce que des individus ayant en commun un certain nombre d’expériences, de capacités, de savoirs ou d’objectifs unissent leurs forces pour obtenir un résultat.

CELEBRATING YOUR CHRISTENING


By Rosie Bourget

Dedicated To My Grandbaby Skylar

Today is such a special day

So special in every way

As a Grandparent standing here today

I cannot find enough words to say

 

Skylar,

You’ve been a special blessing

Since the day that you arrived,

Bringing so much happiness

Filling our hearts with pride.

 

Skylar,

Today is your christening

Today is also the beginning
Of a future warm and bright
Filled with love and joy
And many years of pure delight.

 

Skylar,

You are precious and sweet

On your baptism day

May angels guide your feet
And may the heavenly Father
Always keep you in his care.

 

Skylar,

As your Grandmother,

I am honored and blessed.

To be part of your life

For you, I will never be far away

I’m only a phone call away.

 

 

Sunday June 19, 2016

 

Félicitations à tous les finissants et diplômés!


Par Rosie Bourget

Que c’est beau de porter sa toge, monter sur l’estrade pour récupérer son diplôme, donner la main au recteur, de se retrouver pour une manifestation officielle et conviviale !

La remise des diplômes est un moment privilégié de partage entre diplômés, familles et professeurs. Du coup, c’est un moment solennel qui signifie reconnaissance et concrétisation du travail achevé tout au long du parcours universitaire.

Pour certain, l’obtention d’un diplôme est le début d’une ère nouvelle, pour d’autres c’est le début d’une descente aux enfers. Surtout aux États-Unis, particulièrement en Floride où, ce sont les « LATINOS » qui dominent le marché du travail. Quoi qu’il en soit, il est essentiel que vous ne perdiez pas espoir.

Après des années de travail acharné, vous venez d’obtenir votre ultime récompense. Maintenant que les carottes sont cuites, le moment est venu de célébrer votre accomplissement et votre entrée dans le monde réel .

Qu’il soit un doctorat, une maitrise, une license, ou un certificat de fin d’études secondaire ; je vous souhaite tout le meilleur pour votre future carrière et vous félicite pour votre belle et grande réussite.

Rb

 

7 juin 2016

 

21 mars, une journée consacrée a la poésie


Par Rosie Bourget

Un poème suscite des émotions, comme la joie et la tristesse. Il peut aussi faire rire, surprendre, ou faire rêver, passer un message, défendre une cause. En tant que poète, nous ne saurions laisser passer comme une lettre à la poste la journée consacrée à la poésie.

Qu’est-ce que la poésie ?

 

Comment donner une réponse qui ne soit ni partielle et partiale, ni subjective et personnelle ? Sans risque de se tromper, peut-on avancer qu’à chaque époque correspond une poésie dont l’expression dominante est illustrée par l’œuvre d’un poète de proue. La poésie n’est ni aisée à définir dans son essence ni facile à cerner dans sa forme et son contenu, deux facteurs permettant de distinguer les genres poétiques : poésie lyrique, poésie didactique, poésie satirique et poésie dramatique. Il fut un temps où la forme, c’est-à-dire la structure, du poème distinguait celui-ci du théâtre ou du récit. Ainsi, de nos jours encore, de jeunes aspirants croient-ils faire de la poésie en procédant à des inversions au sein de courtes lignes superposées qui, assemblées, forment un texte tout à fait prosaïque.

Avec l’abandon des poèmes à formes fixes et des rimes telles qu’elles se pratiquaient, se suivant, alternant ou se croisant, le poème se distingue désormais par son écriture. Celle-ci repose sur un choix de mots vagues à souhait, sur des images suggérant les correspondances entre l’homme et la nature, les êtres et les choses, le visible et l’invisible, le réel et le surréel, sur la recherche d’un rythme et d’une mélodie grâce auxquels le poème s’assimile au chant.

Presque tout le monde fait de la poésie sans le savoir, mais presque personne ne la lit. La poésie, c’est avant tout les sentiments forts, les mots qu’on veut utiliser quand on veut séduire la personne qu’on aime et exprimer le bonheur d’aimer, même si on n’est pas aimé en retour. La poésie nous fait du bien et nous fait oublier les souffrances de tous les jours, elle nous fait voir le monde d’une manière différente.

Le 21 mars a été proclamé Journée mondiale de la poésie par la Conférence générale de l’Organisation des Nations-Unies pour l’éducation, la science et la culture, lors de sa 30° session, à Paris, en octobre et novembre 1999. L’objectif de cette journée est d’encourager la lecture, la rédaction, la publication et l’enseignement de la poésie dans le monde entier et de « donner une reconnaissance et une impulsion nouvelles aux mouvements poétiques nationaux, régionaux et internationaux ».

La poésie ne se trouve pas au bout d’une fabrication, mais de l’inspiration. Elle se reconnait au plaisir et a l’illumination qu’elle procure. Comme une banale histoire d’amour, la poésie est entrée dans notre vie par le plus grand des hasards. Sans porter préjudice, nous l’avions accepté à bras ouverts. Depuis, elle ne nous quitte pas. Ceci étant dit, nous vous invitons à prendre lecture d’un poème de notre collection « Floraison » publiée en mai 2014, intitulé « La Poésie Est Ma Vie »

 
LA POÉSIE EST MA VIE

Par Rosie Bourget
Où que je sois
Ailleurs ou chez moi
La poésie est toujours avec moi
La poésie contrôle mes émotions
Elle est ma passion!

La poésie n’est pas une plaisanterie
Elle est comme une idéologie
L’importance que j’attache à la poésie
Se révèle dans mes écrits
Sans fausse modestie !

Pour faire de la poésie
Il faut qu’on ait un cœur
Rempli de douceur
Une entraille profonde
Qui n’est pas donnée à tout le monde !

Je perds simplement dans mes écrits
En plein minuit
La poésie m’aide à surmonter les tourments de la vie
Mon esprit, mon cœur, mon âme poétique
Me conduisent doucement dans un monde magique !

Même dans les villages
La poésie laisse les traces de mon passage
Et sans ces traces
Il ne saurait plus y avoir de poésie
La poésie fera toujours partie de ma vie
Sans elle, pas de vie !

LE MANQUE D’AMOUR DU PROCHAIN


Par Rosie Bourget

 
Qui n’a jamais entendu ce message, « Aimons-nous les uns les autres. » Lorsque qu’on parle d’amour, on pense souvent à celui du couple, associé à la relation amoureuse. Mais il existe beaucoup d’autres formes d’amour comme : l’amour de soi-même ou l’amour propre, l’amour du prochain.

 
Nous sommes les seuls animaux doués d’une conscience nous permettant de nous interroger sur le but de notre existence. Les obligations du quotidien nous font souvent perdre de vue cette question fondamentale, « pourquoi sommes-nous ici? » Pourtant, lorsque nous nous retrouvons seuls et loin de nos occupations matérielles, cette question revient sans réponse évidente.

 
Il n’est pas toujours facile d’aimer les autres, on a plus souvent tendance à voir leurs défauts que leurs qualités. Chaque personne est en recherche d’amour et d’empathie, et que chaque être humain est capable du meilleur, mais que simplement il ne l’a pas encore exprimé. Chaque être a en effet en elle de la sainteté, de la bonté, de l’amour, souvent bien dissimulés. Le mal le plus important dont souffre notre société est le manque d’amour.

 
Sur un plan général, le seul moyen d’avancer pour un groupe de personne est de s’entraider. Or comment pouvons-nous nous entraider si nous ne nous aimons pas les uns les autres ? Si le Monde est magnifique, plein de splendeurs à découvrir, la société des hommes est quant à elle complètement corrompue, vérolée, inhumaine par manque d’amour.

 
Sur un plan individuel, si on creuse bien le fondement de la souffrance humaine, le socle commun est le manque d’amour. Même le pire des handicaps ou des malheurs physique est plus supportable avec l’amour des autres. Quant à la souffrance psychologique, elle tend à se noyer dans l’amour pour les autres, on prend conscience de la souffrance des autres, on se prend de compassion pour eux, et du coup, on s’apitoie un peu moins sur soi.

 
« Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». L’amour du prochain, c’est la manifestation de l’amitié, de l’humanité, de la miséricorde et de l‘affection et de la charité qui ne travaille pas au service de la vengeance; elle cherche, au contraire, à transformer l‘ennemi en ami, à vaincre le mal par le bien.

Qui est notre prochain ?

C’est tout le monde : notre voisin de pallier, notre conjoint, notre collègue, nos frères et sœurs en Christ, les membres de notre famille, nos ennemis, un inconnu (exemple du bon samaritain …). Il s’agit en fait toutes les personnes que le Seigneur met sur notre chemin, quelles que soient leurs conditions et en toutes circonstances.

Qu’est-ce qu’aimer son prochain ?
Aimer son prochain c’est aimer les autres et vouloir les aider, être à leur écoute afin de répondre au mieux à leurs besoins, partager leurs joies et leurs peines, offrir aux autres son sourire, sa bonne humeur, son temps, son argent…être au service des autres, être amené à supporter l’autre.

 
Comment aimer les autres lorsqu’ils ne sont pas abordables. Tout simplement en se rappelant qu’on est tous pareils, si on ne se lave pas régulièrement on sent le clochard et si on est méchants, c’est souvent qu’on pense que c’est comme cela qu’on peut accéder au bonheur. Nos amis, nous les avons choisis car nous avons des affinités. Mais nous comportons-nous vraiment en amis avec eux? Sommes-nous là lorsqu’ils ont besoin de nous? Leurs donnons-nous des conseils avisés et réfléchis ou flattons-nous seulement leur égo lorsque nous les complimentons? Respectons-nous leurs différences ou passons-nous notre temps à les critiquer? Aimer nos amis, c’est accepter leur différence, ne pas les juger, et de les aider lorsqu’ils ont besoin de nous.

 
Nous avons cette mauvaise habitude de juger, d’analyser, de jauger les autres. Qui suis-je pour juger quelqu’un? Ai-je en main toutes les pièces du puzzle, toute son histoire, les tenants et aboutissants de sa vie pour apporter un jugement objectif lorsque je suis face à une personne ? Bien sûr que non. Alors arrêtons de juger a tout va, ou alors acceptons que l’on nous juge…aimons-nous qu’on nous juge? Nous aimerions tous avoir face à nous des gens qui nous regardent avec amour, amitié, empathie et compréhension ; alors faisons le pour les autres.

 
Mous pouvons aussi nous entrainer à ne voir que les qualités et le positif dans une personne. En gros, c’est ce que nous faisons quand nous sommes amoureux : nous sublimons un être et n’en voyons que les cotés positifs, ceux qui nous plaisent. Ce n’est que quelques semaines, mois ou années plus tard, nous en voyons aussi les défauts… charge a nous de ne voir que les qualités et le positif dans une personne pour continuer à l’aimer. Ouvrez-vous à l’amour des autres, votre vie et la leur en seront transformées.

QUI N’A PAS BESOIN D’AMOUR ?


Par Rosie Bourget

 
« La vie et l’amour sont deux loisirs que nous possédons, mais que nous ne savons pas exploiter. » Jérôme Humbert. Personne ne peut vivre sans amour, à moins que cela soit un choix. Voici un extrait de la bible : L’apôtre Paul a écrit : « Je pourrais distribuer tous mes biens aux affamés et même livrer mon corps aux flammes, si je n’ai pas d’amour, cela ne me sert à rien. » Le sens de la vie de l’homme sur terre est celui qui le porte vers autrui, vers les autres humains, espèce unique à laquelle il appartient et avec laquelle il doit collaborer pour un progrès, une amélioration des conditions de vie, un souci du bien-être de ceux qui font partie de sa sphère relationnelle. Il est solidaire de ses proches dont il est le gardien, le responsable devant Dieu, et est invité à mettre à disposition toutes ses richesses, capacités, compétences et qualités pour entretenir la terre sur laquelle il habite et pour produire la paix et le bonheur. Le capital d’amour qu’il a reçu au cours de sa vie humaine et dans sa vie spirituelle doit être partagé avec tous ceux que Dieu place sur sa route, quels qu’ils soient. Par ailleurs, parmi la hiérarchie des besoins de Maslow se trouve les besoins d’appartenance et d’amour.

 

Que ce soit l’amour de ses parents, son/sa copain/copine ou encore celui qu’on se porte à soi-même, l’amour est une composante essentielle de la vie. La première histoire d’amour que connaît chaque être humain est celle qu’il vit avec ses parents, particulièrement sa mère, ce qu’on appelle en anglais (bonding), puis les personnes de son entourage. L’attachement des parents à leur enfant, et réciproquement l’attachement de l’enfant à ses parents, est ce qui va permettre à chacun de grandir et de construire les bases de sa vie d’adulte. Ces bases peuvent être plus ou moins solides en fonction de la qualité des premières relations parents/enfants mais ce qui est certain, c’est que tout au long de la vie, on va chercher à retrouver, dans ses relations amoureuses mais aussi amicales, ces premiers ressentis d’amour. A cela se pose une question importante. Pourquoi l’amour prend autant de place dans notre vie ? C’est clair, parce qu’il est source de vie et de plaisir. L’amour est un partage, on se saurait donner ce que l’on n’a pas.

 

La pyramide de Maslow est l’un des modèles de la motivation les plus enseignés, notamment en formation au management. Cette hiérarchisation peut varier d’un individu à un autre, en fonction de son mode de vie, sa culture et de ses motivations. En intégrant la notion de « Soft factors » (culture d’entreprise, éthique…) on modifie la hiérarchie des besoins par une meilleure prise en compte individuelle qui limite la résistance aux changements et favorise la motivation.

 
D’autres auteurs se sont penchés sur les besoins humains, notamment Frederick Herzberg, qui a défini les besoins d’Adam et les besoins d’Abraham. L’étude des enfants sauvages a aussi permis d’avancer dans les constatations qui caractérisent les besoins des êtres vivants, notamment les animaux sociaux et homo sapiens. À la lumière de ces constatations et de ces réflexions, on s’aperçoit que loin de décrédibiliser la théorie de Maslow, elles la confirment : qui pourrait affirmer que les besoins vitaux ne sont pas hiérarchisés ? La plus élémentaire des observations expérimentales montre que le besoin de respirer est prioritaire par rapport au besoin de boire, puis de manger : quelques minutes d’arrêt respiratoire suffisent à tuer un être vivant (du moins un humain), alors qu’il peut vivre plusieurs jours sans boire et plusieurs semaines sans manger.

 
Le monde dans lequel nous vivons entretient l’illusion que nous avons besoin de toutes sortes de biens pour être heureux et qu’il suffit de  » briller  » pour se faire bien voir et aimer des autres : tout est fondé sur l’apparence, sur l’image sociale. Malheureusement, cette course à la performance, à la rentabilité, à la richesse aboutit au  » chacun pour soi « , à l’individualisme et à l’égocentrisme, en fait à la solitude. La sphère relationnelle n’est plus entretenue parce que le temps est occupé exclusivement à  » faire mieux « ,  » avoir plus « ,  » être au top « . Même l’amour est subordonné à ces paramètres, ce qui fait qu’autrui n’est plus un vis-à-vis, un égal, un pair, mais un objet de consommation, servant à satisfaire une exigence d’amour et pouvant  » être jeté  » dès qu’il ne plaît plus.

 
L’amour reçu et transmis ou donné, authentique et désintéressé, est gratuit et inconditionnel. Il ne dépend pas de ce que fait ou ne fait pas l’être humain, de ce qu’il produit ou pas ou de ses ressources, l’amour existe avec la personne humaine qui en est le canal. Il est le potentiel de tout être humain et ne demande qu’à se développer, à s’épanouir au contact des autres qu’il recherche pour cela. Donner de l’amour n’est-ce pas la mission de chaque croyant, aimer son prochain comme soi-même n’est-ce pas la vocation de tous ceux qui ont reçu la grâce de Dieu pour eux-mêmes ? L’amour véritable implique une dynamique qui exige des efforts, des sacrifices, mais dont les fruits sont inestimables. En allant vers autrui, vers les autres, on se décentre de soi, peu à peu s’estompent les limites de l’égoïsme, s’ouvre la cage de la suffisance, s’abolit l’orgueil de croire qu’on peut se passer des autres ou qu’on peut les utiliser comme des copies conformes de soi, servant à mettre en valeur sa propre image.

 
L’élan vers l’autre a toujours une récompense, autrui ne reste jamais indifférent au don d’amour, il y répond généralement même si ce n’est pas là où on l’attend, ni de la manière qu’on espère, ni forcément en quantité débordante à la mesure de ce qui a pu être donné. Donc donner son amour de façon désintéressée, ou plutôt partager l’amour reçu, sans attendre un retour immédiat ni de là où il a été donné, est la seule manière de quitter la solitude et de s’attacher à autrui. De la sorte, il sera possible d’établir avec lui une relation durable, riche de tous les échanges, et porteuse d’espérance pour le plus grand bénéfice moral (expérience sensible), affectif (éprouvé intérieur), mental (satisfaction intellectuelle) et même physique (une bonne santé) de ceux qui le génèrent.

 
Cessez de jouer avec les sentiments des autres. L’amour est don de soi, et désirer être en relation implique d’être prêt à donner de sa personne d’abord puis de recevoir ce qu’autrui veut et peut donner de lui-même, en toute liberté. Il est vital pour l’être humain de se sentir aimé, mais aussi de pouvoir utiliser sa capacité d’amour qui le désigne comme faisant partie de l’humanité créée à l’image de Dieu, source de tout amour. Chacun de nous recherche la même chose : amour, respect et plaisir. Seulement, la route n’est pas la même pour tout le monde et, malgré toute notre bonne volonté, et maladresses sont trop souvent au rendez-vous.

14 fevrier 2016

Les Fêtes de Fin d’Année Selon Nos Traditions et Nos Valeurs


Par Rosie Bourget

Sécheresse en Californie, pénuries alimentaire dans le monde, guerres, catastrophes naturelles, actes de terrorisme…Nous venons de traverser des événements douloureux qui nous font entrer dans une époque pleine d’incertitudes. Nous ne devons pas pour autant oublier nos valeurs et nos traditions, que nous maintenons vivantes à travers des moments forts comme les fêtes de fin d’année. Les jours passent vite, les années courent à toute vitesse, l’âge avance à grand pas, rien ne dit que nous serons vivants demain. Se réunir, prodiguer une attention, offrir un cadeau, contribuent à nouer et renforcer les liens, suscitant des émotions et de la joie. Face à un monde souvent violent et inégalitaire, nous vous conseillons de passer les derniers jours de l’année en compagnie de vos proches et de ceux qui se soucient de vous.

 

 
Quelles valeurs pouvez-vous transmettre ?
On peut se questionner sur la meilleure façon de vivre ces fêtes tout en respectant nos valeurs personnelles. Le partage : en invitant vos enfants à contribuer à la fabrication de petits cadeaux pour les proches et amis. L’esprit de famille : en étant attentif à chacun, en montrant à vos enfants que malgré nos différences nous pouvons choisir d’être bien ensemble. La solidarité : en choisissant une action qui peut faire une différence (tournez vers les autres, invitez votre voisin seul, vos amis, apportez des jouets à une association d’aide aux familles les plus démunies).

 

 
Ce qu’un enfant reçoit à la maison lui restera jusqu’au tombeau
Peu importe vos réflexions sur les fêtes de fin d’année, elles sont d’une grande importance pour vos enfants qui se préparent, comme vous d’ailleurs, dès novembre à l’arrivée imminente de ces festivités. Des décorations de partout, les rappellent que quelque chose d’important se produira bientôt. Les enfants ont besoin de sentir qu’ils vivent pleinement les mêmes événements que leurs amis. Ils ont besoin de se sentir appréciés. Nous vous encourageons de participer avec eux à certains rituels qui entourent cette période de réjouissances. Quel que soit votre attitude face à ce que certains appellent la fête de la surconsommation, il est important pendant cette période de mettre l’accent sur les valeurs universelles que sont l’amour, le partage et l’empathie.

 

 
La recherche en psychologie a clairement démontré que l’on ressent beaucoup plus de plaisir à donner qu’à recevoir. Aussi, pour vous assurer que vos enfants vont développer cette capacité de penser aux autres, il faut les engager dans la production de cadeaux faits à la maison (des pâtisseries à donner en cadeaux) pour ceux qui leur sont chers. Bien sûr, il y a plusieurs façons de s’y prendre pour vivre une fin d’année agréable. Nous voulons simplement vous présenter quelques variantes que nous avons développées depuis quelques années.

 

 
Traditions et coutumes de chez nous au temps des fêtes
Comme partout ailleurs, en Haïti, durant la période de fin d’année, on constate la même ferveur, la même joie et le même esprit de solidarité dans tout le pays. Dès le début du mois de novembre, les sapins prennent possession des maisons et des rues. On assiste à la multiplication des marchandes dans les rues, sur les places publiques. Les artisans de fanal s’activent pour illuminer les rues de la capitale avec leurs maisonnettes en papier qui font le bonheur de plus d’un. A la tombée de la nuit, la ville se transforme en une vraie ville de lumière et d’esthétique. Les gens effectuent des déplacements en grand nombre à cette période. Les airs de noël envahissent les ondes des radios, occupant la première place à longueur de journée. Le 24 décembre en soirée, personne ne reste à la maison, les rues bondent des gens, particulièrement les jeunes et les adolescents. Dans différents quartiers, des fêtes sont organisées, soit en famille ou entre amis.

 

 
Depuis le 1er janvier 1804, jour de l’indépendance d’Haïti, manger de la soupe de giraumont (soup joumou) le premier jour de l’année est demeurée une tradition pour célébrer la fête de l’Indépendance. Toutes les familles haïtiennes en préparent et se la partagent, elle représente non seulement la liberté et la victoire contre l’oppression mais aussi le partage et l’union qui a été nécessaire à la conquête de cet indépendance acquise à un prix exorbitant. Le 2 janvier (Jour des Aïeux), que l’on habite en ville ou à la campagne, on prépare de la nourriture en grande quantité. C’est également le moment de rejoindre des proches pour partager des repas dans un esprit convivial. Contrairement aux années précédentes, la diaspora ne courra pas le risque de rentrer en Haïti pour les fêtes, vu l’impact des récents évènements politiques sur l’image du pays. Quant à l’insécurité qui prend de l’ampleur au fil des jours, organiser des événements suscite des interrogations.

 

Pour l’édification de nos compatriotes qui s’installent à l’autre bout du monde, il est toutefois à signaler qu’en Haïti, les fêtes de fin d’année ont changé depuis quelques temps. Elles n’apportent plus le bonheur attendu. Les sapins se font plus rares, les rues se vident des marchandes de guirlandes. Les quartiers ont perdu leurs couleurs et les villes, leurs chaleurs. Autrefois il était question qu’on envoie des cartes de vœux à ses amis et à sa famille. Aujourd’hui cela ne se fait plus, les vœux ont disparus. Si la tradition de la fête de Noël demeure encore vivante dans l’église, sur un plan purement social on ne prête plus d’attention à cette grande fête familiale. Cependant, tout n’est pas perdu, il nous reste un petit quelque chose. Le 1er janvier de chaque année, la soupe « joumou » étant un élément fort ancré dans la tradition du peuple haïtien, est préparée et consommée dans presque tous les foyers. Cette soupe offre aux familles haïtiennes un vrai moment de commémoration et une réelle occasion de montrer leur générosité et leur capacité à dépasser les questions d’appartenance sociale ainsi que les problèmes du quotidien autour d’un repas devenu hautement traditionnel.

 

Les fêtes de fin d’année sont une occasion de rappeler les valeurs de partage et de générosité, du bonheur simple d’être ensemble. Même dans les heures les plus sombres, nous devons être prêts à se rassembler, à se battre par tous les moyens, pour que nos valeurs et nos traditions perdurent. Sur ce, nous en profitons pour souhaiter à nos lecteurs, lectrices et à la terre entière de très joyeuses fêtes en famille, blottis les uns contre les autres. Au lieu de chercher votre père Noël en autrui, pourquoi ne pas être le père Noël dont a besoin l’autre ?

sapin de noel

RB

EN FINIR AVEC L’INDIFFERENCE


Par Rosie Bourget

Le but de l’article n’est absolument pas de remettre en cause la définition de l’ego, mais bien d’identifier les risques de ne s’appuyer que sur ce dernier pour évoluer.
La plupart des êtres humains pensent que l’image d’eux même, qu’ils se sont construites de toutes pièces, est réelle et représente leur véritable nature. Nous avons tous des limites et les ignorer, c’est quelque part s’empêcher d’être heureux. Lorsqu’il s’agit d’atteindre l’objectivité et l’équilibre dans sa vie quotidienne l’une des dispositions psychologiques les plus dangereuses c’est notre ego. Au lieu de porter des jugements sur ceux que vous pensez différents, voyez-les comme une extension de vous-même. Les feuilles d’un arbre sont toutes différentes, mais elles proviennent toutes du même tronc. En d’autres termes, nous sommes inter dépendant, nous venons tous de la même source. Arrosez ceux ou celles que vous voulez voir grandir et arrêtez de nourrir ceux ou celles que vous voulez voir disparaître.
Plus la prise de conscience arrive tard dans notre vie et plus il est difficile de changer certaines habitudes comportementales destructrices pour soi et pour l’entourage. Notre vie conjugale ou sentimentale a été plusieurs fois remis en question à cause de cet égocentrisme qui est bien souvent à la base des conflits, et il nous faut plusieurs heures voire plusieurs jours avant d’en prendre conscience, ce qui est très long et éprouvant pour la personne avec qui on est sensé construire des projets et un avenir communs.
À reconnaître que toute médaille a 2 faces. Si nous voyons les épreuves avec des oeillères, que la face sombre des inconvénients, elles nous apparaitront comme des obstacles insurmontables. Par contre, si nous prenons conscience de leur face positive, les avantages que cela va nous apporter, nous serons capables de franchir les obstacles sans trop de difficultés. L’esprit de compétition est sans doute l’une des plus visibles des manifestations d’un ego qui pousse au toujours mieux, à se comparer aux autres et à considérer la vie comme une gigantesque épreuve sportive de laquelle il faudrait sortir vainqueur. La seule personne à laquelle vous pouvez vous comparer c’est vous-même. Il y aura toujours quelqu’un de meilleur et de pire.
Persistance et agressivité sont des traits de caractère des personnes guidées par leur ego. Et c’est malheureux, à parfois devenir une personnalité au caractère toxique pour les autres membres de notre environnement. Nous avons tous une fierté assez importante… le tout est de s’en servir comme source de motivation et non de sombrer dans l’aigreur et de se contenter de penser que le reste du monde nous est redevable.
Rosie Bourget

Journée Internationale de la Femme


journee mondiale des  femmes

La Journée internationale de la femme est l’occasion de célébrer les actes de courage et de détermination accomplis par les femmes ordinaires qui ont joué un rôle extraordinaire dans l’histoire de leur pays et de leur communauté. Il est grand temps de donner aux femmes la chance de participer à la vie politique à plein temps, d’acquérir une éducation adéquate, de bénéficier de revenus, et de vivre dans des sociétés exemptes de violence sexuelle, physique, psychologique et de discrimination. Le monde ne pourra jamais atteindre pleinement ses objectifs si la moitié des habitants de la planète ne sont pas en mesure de réaliser leur potentiel. L’idée d’une Journée internationale de la femme s’est fait jour au tournant des XIXe et XXe siècles, période caractérisée dans le monde industrialisé par l’expansion et l’effervescence, une croissance démographique explosive et l’émergence des idéologies radicales. Il est nécessaire de porter une plus grande attention aux droits des femmes et à l’égalité entre les sexes, afin que tous soient mobilisés et apportent leur contribution à l’évolution des femmes.

1909 – Conformément à une déclaration du Parti Socialiste américain, la première Journée nationale de la femme a été célébrée sur l’ensemble du territoire des États-Unis, le 28 février. Les femmes ont continué à célébrer cette journée le dernier dimanche de février jusqu’en 1913.
1917 – Deux millions de soldats russes ayant été tués pendant la guerre, les femmes russes ont de nouveau choisi le dernier dimanche de février pour faire la grève pour obtenir  » du pain et la paix « . Les dirigeants politiques se sont élevés contre la date choisie pour cette grève, mais les femmes ont passé outre. Le reste se trouve dans les livres d’histoire : quatre jours plus tard, le tsar a été obligé d’abdiquer et le gouvernement provisoire a accordé le droit de vote aux femmes. Ce dimanche historique tombait le 23 février dans le calendrier julien qui était alors en usage en Russie, mais le 8 mars dans le calendrier géorgien utilisé ailleurs.
Depuis ces années, la Journée internationale de la femme a pris une nouvelle dimension mondiale dans les pays développés comme dans les pays en développement. Le mouvement féministe en plein essor, qui avait été renforcé par quatre conférences mondiales sur les femmes organisées sous l’égide de l’ONU, a aidé à faire de la célébration de cette Journée le point de ralliement des efforts coordonnés déployés pour exiger la réalisation des droits des femmes et leur participation au processus politique et économique. De plus en plus, la Journée internationale de la femme est le moment idéal pour réfléchir sur les progrès réalisés, demander des changements et célébrer les actes de courage et de détermination de femmes ordinaires qui ont joué un rôle extraordinaire dans l’histoire des droits des femmes.

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Au fil des ans, l’action menée par l’ONU en faveur de la promotion de la femme a pris quatre orientations précises : promotion de mesures juridiques; mobilisation de l’opinion publique et de l’action internationale; formation et recherche, y compris compilation de statistiques ventilées par sexe; et assistance directe aux groupes désavantagés. Aujourd’hui, l’un des principes d’organisation centraux des travaux de l’ONU est qu’aucune solution durable aux problèmes sociaux, économiques et politiques les plus pressants de la société ne peut être trouvée sans la pleine participation, et la pleine autonomisation, des femmes du monde entier. A l’occasion de cette journée consacrée aux femmes, le 8 mars 2015, je dédie ce poème à toutes les femmes du monde.
FEMME

Par Rosie Bourget

Elle est le soleil qui vivifie notre terre
Elle est l’étoile qui nous éclaire
Elle est l’âme qui purifie notre air
Elle est l’oxygène qui fait battre notre coeur
Elle est source intarissable de douceur !

FEMME
Elle est la vie à l’état pur
Elle a l’esprit pur
Elle est la pluie qui sort de l’air
Elle est aussi fine que l’air
Elle est une aile qui s’envole en l’air !

FEMME
Elle est le parfum au petit jour
Elle est le sillage qui habille l’amour
Elle est vaillante, incassable, un atout
Elle résiste à tout
Elle nous poursuit partout !

FEMME
Elle, la pure beauté noire
Elle a une chevelure noire
Elle possède un teint rosé
Elle illumine notre été
Elle mérite d’été choyée et aimée!

FEMME
Elle n’est pas frêle
Elle est une rare perle
Elle a une beauté naturelle
Elle s’envole de ses propres ailes
Elle est femme !
Donc Elle est belle !

QUEL AVENIR POUR CES ENFANTS DE CITÉ SOLEIL IMPLIQUÉS DANS DES GANGS? (5eme partie)


Haïti-Observateur 11-18 février 2015
Par Rosie Bourget

Après avoir présenté quatre rubriques consécutives traitant le phénomène de gangstérisme, vous avez certainement une idée du cadre dans lequel vivent les 400 0000 habitants de Cité Soleil. Les tas d’ordures jonchent la ville, les égouts à ciel ouvert charrient les ordures venues de Port-au-Prince et toutes les agglomérations sur les collines qui entourent la ville. S’il pleut beaucoup, l’eau chargée d’ordures envahi ce bidonville construit sur une immense décharge. Au cours de notre étude, notre équipe a rendu visite à plusieurs habitants du quartier Cité soleil, Cité Carton et l’Éternel, Trois Bébés, ou Cité Lumière. Partout c’est le même désastre. Ils ont empilé quelques parpaings ou quelques tôles. La plupart de ces « habitations » avaient à l’intérieur 20 à trente centimètres d’eau pourrie. Évacuée, elle revient aussitôt. Les gens n’ont pas d’autres choix mais de vivre dans cette condition infrahumaine. Les moustiques y prolifèrent. Les conditions d’hygiène sont lamentables. La prostitution infantile bat son plein. La moitié des habitants souffrent de malnutrition, beaucoup d’enfants meurent de faim.
Les groupes d’enfants de la Cité Soleil s’organisent généralement d’eux-mêmes par tranche d’âge avec un chef à leur tête. Chaque groupe fait partie d’un groupe plus important qui est contrôlé par un chef de quartier. En recourant aux intimidations, aux menaces et aux violences physiques et sexuelles, ces chefs imposent une loyauté à leur égard et exercent un contrôle sur les plus jeunes. Dans la plupart des cas, la police et l’armée Onusienne ne protègent pas les plus jeunes de la violence exercée par les hommes et les garçons de la cité plus âgés. Ticameau, un garçon de 12 ans vivant dans les rues de Cite Soleil, a expliqué que son groupe immédiat comptait quinze membres vaguement organisés et dirigés par un “chef.” D’après ce qu’il dit, les garçons de son groupe travaillent ensemble, partageant la nourriture et leurs ressources. Leur groupe fait partie d’un groupe plus grand qui opère à proximité du marché de Tabarre. Ticameau estime à soixante ou soixante-dix le nombre de garçons qui composent ce groupe plus large, lequel est dirigé par un chef adulte.

Un ex-chef d’enfants de la Cité Soleil, aujourd’hui dans la trentaine, nous a décrit comment il brutalisait les garçons plus jeunes; entre autres, il battait et intimidait les nouveaux recrus pour leur apprendre à le respecter, lui et la hiérarchie de la rue, et il leur prenait de l’argent pour s’acheter de la nourriture, de la drogue ou d’autres choses. Les filles de la Cité peuvent avoir des relations sexuelles en échange d’un peu d’argent. Beaucoup ont été victimes de viols et d’agressions sexuelles, parfois de viols collectifs répétés, et un enfant de la rue peut donc aussi accorder ses faveurs à plusieurs membres de son groupe immédiat en échange de leur protection contre les hommes et les garçons plus âgés.

Rares sont les filles de Cité Soleil n’ayant pas été victimes de viol. Nous avons eu la chance d’interroger plusieurs d’entre elles qui nous ont dit comment cela s’est passé et du coup, qui sont séropositives. Cela prend du temps mais avec une aide psychologique, les filles s’ouvrent et finissent par parler des viols et des sévices qu’elles ont subis. Les filles qui se sont prostituées pendant quelque temps ont des difficultés à s’adapter aux études et à la vie dans la cité. Beaucoup partent et retournent dans la rue. Elles sont habituées à recevoir de l’argent pour des activités sexuelles.

Même dans les cas de rapports sexuels consentis, les filles disent qu’elles n’utilisent pas souvent de préservatifs, soit parce que leurs partenaires refusent, soit parce que leur usage réduit la somme qu’elles recevront, ou encore parce qu’elles ne peuvent pas en obtenir. Le risque de contracter des MST, notamment le VIH, est donc très élevé. L’étude que j’ai réalisée m’a permis de révéler que les filles qui ont des relations sexuelles avec des hommes ou des garçons de la rue mentionnaient parfois cinq partenaires par jour, sans utiliser de préservatifs.
Rosalie, quinze ans, est partie de chez elle à l’âge de dix ans lorsque ses parents sont morts et elle vit aujourd’hui avec un groupe de filles à Cite Soleil. Elles partagent la nourriture, dorment en groupe pendant la journée et elles se livrent à la prostitution la nuit. Elle a nous raconté aux qu’elle pouvait aller avec trois ou quatre hommes chaque nuit et pouvait gagner de 1000 à 2000 dollars haïtiens. Le montant qu’elle reçoit dépend de l’usage ou non de préservatifs. Elle essaie d’insister pour que ses clients utilisent un préservatif chaque fois. Elle nous a confié, « Parfois des hommes arrivent et me prennent de force et après, ils partent sans laisser d’argent. Cela arrive souvent… J’ai commencé ce travail lorsque j’avais dix ans. Ce n’est pas une belle vie. Je préférerais aller ailleurs et étudier si j’avais les moyens. » dit-elle.

Gracieuse a commencé à faire commerce de son corps à l’âge de 9 ans. Elle nous a dit qu’elle pouvait gagner jusqu’à 500 gourdes par nuit. Elle a dénoncé des abus sexuels commis par des hommes plus âgés qui profitent de sa position de vulnérabilité. « Ce sont des hommes qui arrivent en voiture, ils ont des rapports avec vous, puis ils vous laissent sans argent. Il y a d’autres hommes qui viennent et qui nous battent. Ils volent notre argent, nous tirent les cheveux ou prennent nos vêtements. Les policiers et les soldats onusiens ne nous importunent pas de la même façon. Parfois, ils nous offrent de l’argent, d’autres nous donnent rendez-vous pour nous payer la prochaine fois. »…(à suivre).

r_bourget@yahoo.com
MTS (Maitrise en Travail Sociale)