L’expression « tout-puissant », convient-elle à l’homme?


IRMA, l’ouragan dévastateur

Haiti-Observateur 13-20 septembre 2017

Par Rosie Bourget

Alors que le cyclone Irma a frappé de plein fouet ce dimanche 10 septembre l’état ensoleillé (the Sunshine State), les notables essayent tant bien que mal de remettre la Floride sur les rails, le plus rapidement possible. Classé dans le top 5 des ouragans les plus puissants, avec une force de vent de 295 km/h en moyenne et une pointe observée à 360 km/h sur l’île de Barbuda, il surpasse assez largement les précédents ouragans. Jusqu’à date, Andrew, en 1992, était celui qui avait produit les vents les plus violents avec des rafales de 284 km/h, juste devant Katrina, en 2005, avec des vents avoisinants en rafales de 281 km/h.  En tant que tempête la plus longue jamais enregistrée dans le monde, Irma bat ainsi le record du super typhon Haiyan, qui en 2013 aux Philippines avait généré les mêmes vents (295 km/h) mais pendant seulement 24 heures.

Quelle est la force la plus puissante ?

Apres avoir entendu Rick Scott, le gouverneur de la Floride demander à tous les citoyens du monde de prier pour les Floridiens « I am asking everybody in the world to pray for us. », on peut dire en toute liberté que nul n’est censé ignorer l’existence évidente et la puissance de Dieu.  Le théologien Hans Urs von Balthasar dit que Dieu est « comme une source sans réservoir ». Le premier aspect de la puissance de Dieu, c’est la générosité avec laquelle il donne la vie. Au lieu d’implorer Dieu, pourquoi le gouverneur n’a pas sollicité les politiciens qui s’autoproclament être les plus puissants de la planète ? Où étaient-ils passés ? Pourquoi ils n’ont pas arrêté l’ouragan Irma ? C’est au pied du mur qu’on reconnait les vrais maçons. Celui qui recherche les réponses à ces questions est certainement sur la bonne voie. Il démontre ainsi qu’il n’est pas insensible à ce qui se passe autour de lui et qu’il n’ignore pas l’extraordinaire nature du monde.

Il n’y a pas de plus grande puissance que celle qui donne la vie. La puissance de Dieu ne consiste pas à imposer sa volonté au réel, à exploiter les pays pauvres, à déporter tous ceux qui cherchent une vie meilleure en Amérique du nord, c’est une puissance généreuse qui donne, se réjouit de ce qui est, et veut que ce qui est soit davantage. Un autre aspect de la puissance de Dieu, plus radical encore, est sa préférence pour les petits, pour les pauvres.

En raisonnant sérieusement, nous devrions aboutir à une conclusion unique : Dieu est le seul tout puissant, le créateur d’un univers parfait où coexiste une étonnante variété de plantes, d’animaux, d’êtres animés ou inanimés, et d’hommes. Les hommes sont tellement ethnocentristes et immergés dans leur quotidien qu’ils ne se rendent même pas compte des miracles qui leur permettent de vivre. En revanche, l’homme intelligent n’est pas insensible au fait qu’il vit sur une sphère effectuant une rotation sur son axe a une vitesse de 1670 km/h, ni au fait que cette terre dispose d’équilibres délicats rendant la vie possible. Ce système parfait est le produit évident de la création de Dieu Tout-Puissant. Alors ne prétendez pas ignorer ce fait que nous vous rappelons. Soyez reconnaissants envers notre créateur qui vous a dotés d’un corps et d’une âme.

Les catastrophes naturelles ne portent pas préjudice. Elles ne font pas de différence entre première puissance mondiale et tiers monde. En dehors des volcans, les hommes doivent faire face à de nombreuses autres menaces naturelles comme les tremblements de terre, les tempêtes, les cyclones, les inondations, les sécheresses, les raz-de-marée, les avalanches…Considérant la mesure de la menace qui planait sur l’état ensoleillé, la Floride pourrait être totalement dévastée par un phénomène d’une telle ampleur. Mais sa peine a été diminuée par une autre force qui est plus puissance qu’Irma elle-même. Dieu soit loué.

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Gabriella Mocombe: a talented young poet and artist


Haiti-Observateur 6-13 septembre 2017

By Rosie Bourget

As mentioned in previous articles, our column does not only focus on personal development and politics, but also encourages, praises, and helps you discover our artists who are still in the shadows. Regardless of their area of expertise, as long as it’s not illegal, it’s always our pleasure to give them a round of applause to acknowledge their talents. We’ve noticed, however, that readers do not know much about young female artists in the Haitian diaspora. In this article, we are very excited to introduce to the general public a very talented and beautiful young lady by the name of Gabriella Mocombe also known as Gabi. She is a singer/guitarist/songwriter/lyricist, and a published author.

Meet the artist

Gabriella Mocombe is a 21-year-old Haitian Canadian. Born in Toronto, Ontario, she moved with her parents and younger sister to Miami, Florida at the age of 5. Although she returns to visit her family in Montreal yearly, she feels that she has become a true Miami native at heart. Being tri-lingual (French, English, Spanish) and a fluent “comprehender” of Creole, as she likes to put it, has allowed for heightened opportunities and a lot more conversations. Gabriella is in her third year at Florida International University and will be graduating this Fall semester with a Bachelor’s degree in Psychology and a minor in Education.  Gabriella’s next academic steps include becoming a certified Eco-therapist, as well as beginning Graduate School in August of 2018. It is almost apparent that it is Gabriella’s best foot forward attitude, and her God-given intellect that has allowed her to excel at such a stupendous pace.

Aside from her success in academia, Gabriella is also a published author, of the book, “Seasons: Identifiable Poems”. As she has been an artist her entire childhood, poetry, singing, dancing, performing, and songwriting are not foreign concepts to Gabriella. She was singing and writing poems since she learned to hold a pencil. Like the saying “The apple never falls far from the tree.” Gabriella finds encouragement at home. Her mother, Florence, is no stranger to the performing arts either. Though she has dedicated her life to teaching, she and her husband, Pierre, serve as Gabriella’s home plate for artistic guidance and support. Gabi’s 18 year-old sister, Alexandra, also sports the artistic gene but is much less forward in displaying it.

If you haven’t already had the opportunity to hear this talented young lady sing, you are missing out.  According to her vision, she intends to take music to a higher level.  Gabi has yet to release any CD’s; nevertheless, she has been playing in various great events. Amongst her many other past and upcoming accomplishments, Gabriella is in the process of putting together an EP of tracks written since her early adolescence up to now.  She makes her debut into the poetry world with a series of beautiful poems written in English. Her first collection, titled “SEASONS” which is being sold at a very fast pace, was released in August, 2016.

Gabriella, or Gabi to her loved ones, finds joy in aiming everything she does as worship to God, who’s displayed such love and grace to her throughout her most blissful and also her toughest years. Gabriella enjoys hearing others’ stories and encouraging them to discover what God has set aside specifically for them. As she continues to grow, she reminds herself to give praise for every step, every new day and she is nothing but hopeful for what God will continue to do through, for, and around her.

Gabi is a brave young lady with a strong mind. Her parents Florence Clerval and Pierre Mocombe are very supportive of her. They believe in her passion, her talent, her dreams and goals, her future, and her incredible value and worth. Gabi learned from an early age to be loud and get noticed. She has a vivacious personality and loves being around open-minded people. Gabi hopes to inspire girls to remember who they used to be yesterday, celebrate who they are today, and prepare for the awesomeness that is to come tomorrow. Her combined talents and work ethic in the field of psychology will motivate and inspire other young women to pursue their own dreams with the same dedication and belief that Gabriella Mocombe possesses.

Below is a poem from her poetry book (Seasons), titled  “IF I AM LIKE A CLOUD”.

If I am like a cloud,

I am transparently solid.

From below, I cannot be permeated.

From above, I am fully covered.

But only from within,

Can you see how spaced out I am.

I long for a steady wind to push me along,

And only come down when what is inside

Can no longer be held up.

I am white.

That is my most pleasing beauty.

And even as I darken,

I am a blessing.

Gabi’s book can be found at http://www.blurb.com/b/8112748-seasons

 

r_bourget@yahoo.com

 

Gabriella Mocombe

Gabriella Mocombe

Prendre du Recul Pour Mieux Sauter


Haiti-Observateur 28 juin-5 juillet 2017

Par Rosie Bourget

C’est les vacances, que vous soyez millionnaire, salarié ou retraité.  Que vous travaillez à temps complet ou à temps partiel, vous avez droit au minimum à 2 semaines de congé par an. Il en est de même pour votre chroniqueuse, elle a besoin de se recréer. Être responsable d’une rubrique n’est pas une fin de soi. Tout stress, toute émotion, toute préoccupation a des répercussions sur le plan physique où il s’inscrit sous forme de tensions. Ces phénomènes vécus de façon durable ou répétée ont pour conséquence d’installer un état chronique de tension physique, qui outre la fatigue qui l’accompagne peut affecter de façon plus spécifique tel ou tel organe ou fonction. Et c’est la porte ouverte à des dysfonctionnements de toutes sortes, pouvant aller du simple « mal dans sa peau » à des troubles beaucoup plus importants (douleurs, migraines, hypertension, cholestérol, colites…).

Sur ce, je tiens à vous annoncer qu’il est donc primordial pour moi de prendre du recul afin de mieux sauter. Vous allez passer quelques semaines sans me lire, mais ce n’est pas grave car vous êtes dans de bonnes mains. Je ne partage l’idée de réduire l’humanité en esclavage. Nous ne sommes pas des robots, notre corps a besoin de repos après des efforts physiques ou tout simplement, pour récupérer du rythme infernal que nous lui faisons subir. Ce que par contre certains ignorent, c’est qu’il en va de même pour notre esprit. A force de cogiter à longueur de journée et d’être sollicité de toutes parts, il se fatigue. Conséquence : nous perdons en lucidité et nos facultés créatrices s’amenuisent.

Bonnes vacances d’été à tous et à toutes. Profitez de la période estivale pour vous détendre. Riez chaque fois que l’occasion se présente. Le rire est en effet un des dé-stressants les plus puissants qui existent. Fil de nouvelles et notifications Facebook, Twitter, et autres Instagram, mon œil, tous ces perturbateurs peuvent attendre. Si vous avez besoin de vous détendre, soyez plus intelligents que vos appareils électroniques et débarrassez-vous-en momentanément. @plus.

r_bourget@yahoo.com

SEXUALITE : L’enfant qui ne pose pas de questions


Par Rosie Bourget

Comment les parents peuvent-ils présenter les principaux aspects de la sexualité ? Comment abordent-ils le sujet avec leurs enfants sans se sentir mal à l’aise ? Il y a plusieurs raisons pour lesquelles un enfant ne pose pas de questions sur la sexualité à ses parents. Il se peut que son intérêt n’ait pas été éveillé par la vie de famille. Il peut s’agir d’un enfant unique, ou bien d’un enfant qui n’est pas alerté par une naissance au foyer. Un enfant peut s’efforcer d’être sage, mais d’une manière ou d’une autre, il aura acquis l’impression que certaines questions sont de mauvais goût. Un autre enfant ayant obtenu certains renseignements hors du cercle de la famille s’est peut-être senti troublé ou bien ridiculisé ; il se sent gêné de poser des questions.

Mais qu’elle qu’en soit la raison, un enfant qui ne pose pas de questions a besoin d’autant d’aide que celui qui en pose. Il existe de nombreuses manières positives d’inculquer l’éducation sexuelle en se basant sur les événements quotidiens de la vie, sans qu’il soit nécessaire de s’asseoir avec un livre et de faire un cours. Une méthode efficace est l’observation de la nature. L’enfant qui voit des animaux s’accoupler donne à ses parents une excellente occasion de lui expliquer que les enfants ont un père et une mère, tout comme les bêtes. Les parents peuvent aussi souligner le fait que lorsque les parents s’accouplent, c’est différent des animaux, parce que le père et la mère s’aiment tendrement ; c’est pourquoi ils se marient et vivent ensemble, afin d’avoir un enfant qu’ils chérissent.

Les parents pensent souvent avoir fait leur devoir lorsqu’ils ont simplement déclaré à leur enfant : « Si tu as une question sur la sexualité, tu peux librement la poser à ton papa ou à moi.» l’idée n’est pas mauvaise, mais cela ne veut pas dire qu’il va se sentir à l’aise d’interroger ses parents sur un sujet aussi embarrassant. Il ne suffit pas de lui dire qu’il peut poser toutes les questions qu’il veut, il faut prendre des initiatives pour l’inviter à la danse. Un bon instituteur ne considère pas que sa tâche consiste à s’asseoir et à attendre que ses élèves lui posent des questions. Il s’efforce de stimuler la curiosité afin que les élèves aient envie de prendre part à des débats, d’aborder des sujets tabous. Il désire faire mieux que d’inculquer des connaissances. Son devoir est d’aider chaque élève à se développer et à explorer avec intérêt le monde à l’envers dans lequel il vit.

On n’est plus au temps primitif. Les parents qui ne suscitent pas les discussions sur la sexualité avec leurs enfants ne marchent pas avec le temps. On dirait qu’ils vivent en marge de la société. La plupart des parents chrétiens parlent à leurs enfants des importants concepts de la bible, de la foi et du salut. Alors pourquoi enfermer la sexualité dans un compartiment à part étiqueté ? Il est important d’aborder calmement avec votre enfant le thème de la sexualité, de répondre à ses questions en toute honnêteté et de lui donner les explications nécessaires.

L’enfant qui reçoit une bonne éducation sexuelle et qui se sent libre d’aborder le sujet avec ses parents se tournera moins probablement vers le matériel pornographique. Lorsque sa curiosité n’est pas satisfaite d’une manière intelligente, il peut avoir recours à la pornographie pour obtenir des connaissances afin d’envisager des impulsions sexuelles dans une perspective de se mettre à jour. Malheureusement, ce genre de matériel offre des renseignements erronés et une conception ambiguë de la sexualité. Si par hasard vous découvrez un livre au contenu indécent, une revue pornographique, un recueil de plaisanteries déplacées cachés dans la chambre de votre enfant, n’agissez pas sous le coup de l’émotion. Ses intérêts ne vont pas contre nature. Il est fasciné par ce matériel parce qu’il entend ses camarades en parler. Faire une scène, détruire le matériel, l’accuser d’avoir des désirs sexuels ne diminuera pas forcement son intérêt. Vous réussissez peut-être à lui faire chercher de meilleures cachettes et à lui inculper l’idée qu’il est en quelque sorte perverti.

L’éducation sexuelle des enfants est capitale. Elle doit être fondée sur des principes et non sur des arguments qui laissent les enfants sans rien à quoi s’accrocher. Les parents doivent comprendre que les enfants qui, deviendront des adultes responsables, attendent d’eux une attitude saine envers la sexualité.

 

Praising Your Child for His Efforts and Achievements


Haiti-Observateur 14-21 juin 2017

By Rosie Bourget

All humans like to be praised, appreciated and recognized on some level.  Praise is one of our deepest cravings, for we can never get enough. Compliments have the power to change behavior because they make the recipient feel needed and valued. Human beings have a psychological need for attention. We want praise so we can feel admired, and we want recognition to satisfy our need for personal worth.

Just as all supervisors should praise their staff and give them big bonuses for a job well done, proactive parents and caregivers who are responsible for the well-being of their children should commend them for their accomplishments. Children who are praised for their efforts and achievements persist with tasks longer. Praise can have a powerful effect on your child. Acknowledging his efforts and achievements can boost his self-confidence and help motivate him to keep trying hard and looking for effective strategies to overcome his challenges.

Not all praise is created equal

It may be that not all forms of praise are harmful. Research has shown that different types of praise have different effects on children. Distinctions have been made between person praise and process praise.

While Person praise on one hand evaluates a child’s traits, like his intelligence. Person praise evaluates a child globally, telling her that she is good or smart or outstanding. Examples of this kind of praise include, « You’re a good girl », « You’re so good at this », or « I’m very proud of you ». Studies have shown that person praise reduces motivation, focuses students on their performance and encourages them to compare their performance with that of others.

On the other hand process praise is related to the child’s effort, and focuses on his or her behavior and actual « work » or output. Examples of process praise include « you tried really hard » or « I see how carefully you are building that tower. » Process praise has been shown to encourage children to develop a flexible mindset, confront their weaknesses, and take on challenges

Praise the effort, rather than the intelligence

Effort-based praise emphasizes what your child can control, such as how much time he/she spends on a project or which strategies he/she uses. That’s why effort-based praise like “I am so impressed at how hard you worked on your science project” is more empowering than “Wow, you’re good at science.”

Reasons to use effort-based praise

Kids with learning and attention issues need to be reminded that the process of working toward a goal is just as important as reaching the goal. Your child may need to try several different strategies before he successfully completes a task. That’s yet another reason why it’s a good idea to use effort-based praise. Look for opportunities to compliment the way your child is approaching a task rather than placing all your emphasis on the end result, which may not turn out how he had hoped. Effort-based praise lets you tell your child you value not only him, but also his willingness to take risks and his determination to work toward his goals. For example, let’s say your child’s goal is to get to school on time. There are smaller steps along the way: waking up, brushing his teeth, getting dressed and having his backpack ready. By recognizing the steps your child does well, you can help him see that he is capable of reaching the overall goal. You can also show him he can achieve it through effort and planning.

When children are praised for their efforts or achievements, taught the value of working hard when dealing with academic challenges, this encourages them to sustain their motivation, performance and self-esteem. To summarize this article, and practice what I am preaching, on her High School graduation, shouldn’t I acknowledge my daughter Sarah for her efforts as she enters the new battlefields of life, and wishing her to find her own star and reach for it?

You Made It

 

By Rosie Bourget

 

Dedicated to my daughter Sarah

 

I’m not surprised of your achievement

I’m just impressed you made it with contentment

Unsure of the path you’d go,

I thought you were going to let go.

 

You have proven that it was not a lack of interest

It was a matter of what’s in your best interest

I’ve been there for you every step of the way

I’ve seen the will that you carried all the way.

 

Bullying, name calling, still you didn’t give in

You’ve been down, and you’ve been in

But I never had a doubt despite all

You wouldn’t make it through it all.

 

Yes, you made it through it all

And I salute your effort even if it’s small.

Best wishes for your next adventure

Blessings and prayers for your future.

Le mois de mai : Le mois du Patrimoine Culturel Haïtien


Haiti-Observateur 24-31 mai 2017

Par Rosie Bourget

Durant l’automne, s’il y a des mois qui sont plus chargés que d’autres, le mois de mai est en tête de liste. A l’affiche on trouve : fête internationale du travail  (sauf aux États-Unis où cette fête a lieu en septembre), fête des mères à l’haïtienne et à l’américaine, jour de l’Ascension, saison de remise des diplômes, le mois du patrimoine culturel haïtien, le mois de Marie, le mois des esprits malins, pour ne citer qu’eux. En dépit de tous ces événements qui se déroulent à la même époque, ce billet de circonstance se concentre uniquement sur l’importance du patrimoine culturel haïtien.

C’est quoi la culture.

Cicéron est le premier à appliquer le mot « culture » aux choses de l’esprit ou à l’âme (animus) : « Un champ si fertile soit-il,  ne peut être productif sans culture, et c’est la même chose pour l’âme sans enseignement » (Tusculanes, II, 13). Cette « culture de l’âme » est synonyme de ce que Cicéron appelle par ailleurs les « humanitas », cela même que les grecs appelaient paiedeia, terme qui désigne « le traitement à appliquer aux enfants pour qu’ils deviennent des hommes ».

Par définition

La culture, c’est ce qui s’ajoute à la nature. Elle recouvre tout ce par quoi l’existence humaine apparaît comme s’élevant au-dessus de la pure animalité, et plus généralement tout ce qui élève l’homme au-dessus de la simple nature. La culture qui caractérise l’humanité peut être considérée soit comme un état des facultés, soit comme un système de fonctions ou de pratiques, soit comme processus qui peut être étudié ou bien à l’échelle de l’individu ou bien à celle de l’humanité. Généralement on oppose la nature et la culture pour distinguer ce qui est inné de ce qui est acquis. Tandis que la nature d’un être se transmet par hérédité, la culture se transmet par héritage. La culture désigne les attitudes, les croyances, les mœurs, les valeurs acquises et transmises par l’éducation.

Chaque personne apporte sa pierre à l’édifice pour mieux cerner cette notion interdisciplinaire. Nous nous interrogeons ainsi sur la place à accorder à la culture haïtienne à l’étranger et dans le milieu scolaire. Certains haïtiens vivant à l’autre bout du monde, font quant à eux de la culture un ingrédient dans la recette de la créativité, avec le travail et la méthode. Dans un tout autre domaine, on se rend compte dans les communautés haïtienne et hispanique de « Little Haïti et Little Havana » de Miami, la culture devient une nécessité à leur survie. Mettant entre parenthèses leur souffrance, elle leur permet de recréer une communauté humaine par le partage et de restaurer un sentiment d’appartenance.

La culture ne se limite pas à une compilation de connaissances figées d’une culture souvent élitiste. Au contraire, la culture est généreuse et bienveillante, elle accueille aussi bien ce qui est nouveau et nous touche au quotidien. C’est une dynamique des savoirs qui permet de dégager un sens existant ou possible dans chaque connaissance. Plutôt qu’une lecture anxieuse de manuels, la culture est le programme de toute une vie.

Qu’en est-il de la culture haïtienne ?

La culture haïtienne n’est pas un fait divers. Elle est tellement ancrée dans l’âme des Haïtiens qu’on dit que l’on peut sortir un haïtien d’Haïti, mais on ne peut sortir Haïti d’un haïtien.  Si certains nous considèrent d’un côté comme des « barbares ou des sauvages » et de l’autre « des illettrés », une chose est sûre, nous ne sommes pas dépourvus de culture. La culture haïtienne s’incarne dans des institutions et des œuvres, des paroles et des actes,  ce qui est le reflet de la beauté intérieure de notre société.

L’appréciation de la culture haïtienne à l’étranger

Chaque année, la Fête du Drapeau fait vibrer dans le cœur des haïtiens de la diaspora une fierté sans pareille. Fierté d’être le premier peuple noir non pas à avoir réclamé son indépendance, mais à l’avoir acquise de façon stratégique.

La culture haïtienne connaît une évolution particulière sur le territoire américain. Dans diverses écoles publiques situées dans les quartiers où la majorité de la population est formée d’élèves venant des parents immigrés haïtiens, le bicolore haïtien est célébré à grande échelle.  Le Mois de la Culture Haïtienne (Haitian Cultural Héritage) constitue un thème à part entière. Depuis notre sculpture et notre peinture en passant par notre artisanat, nos danses, notre musique qui nous propulsent de plus en plus au-devant de la scène internationale. Plusieurs activités culturelles ont eu lieu en Floride ces deux derniers weekends.

À l’école primaire de North Side (North Side Elementary School) situé à Fort Lauderdale, FL, les membres de cette communauté étaient invités le mercredi 17 mai à venir en famille, avec leurs amis et leurs voisins limitrophes, pour profiter d’une journée remplie de plaisir et d’activités éducatives et culturelles avec notamment de la poésie, divers performances musicales et de danse. L’objectif de la célébration de la Fête du Drapeau Haïtien dans des écoles publiques est de relever la fierté et le patriotisme haïtien en mettant en valeur la richesse de la culture haïtienne au sein de notre communauté du sud de la Floride durant la célébration du 214ème anniversaire du bicolore de la première République Noire du monde.

North Side Flag Day

Sur la pelouse de l’ecole North Side

La fête du bicolore a revêtu différents aspects : soirées dansantes, veillées patriotiques, recueillement religieux, foire artisanale et artistique. De son côté, la communauté de Miami Dade a répondu également en grande pompe. Le commissaire Jean Monestime (district 2) et le comté de Miami Dade ont organisés le samedi 13 mai la 5eme édition de « Taste of Haïti Food & Cultural Festival) à Miami Dade College North Campus (lot-2), mettant en vedette de nouveaux poètes et diseurs. Il était à peu près 3 heures dans l’après-midi quand la cérémonie avait commencé en présence de plusieurs notables de la communauté haïtienne et de certains fonctionnaires de la ville de Miami Dade.

Des centaines de spectateurs haïtiens comme étrangers ont pris part à cette manifestation culturelle pendant plus de 7 heures de temps. En ce qui a trait à notre cuisine exceptionnelle, il y en avait pour tous les goûts. Nombreux étaient des restaurants ambulants qui servaient « griyot, banann peze, diri blan ak lalo ak krab, taso kabrit ak kodenn, kremas, mayi boukannen etc. » aux gens qui y étaient présents. Cette festivité à caractère purement culturelle était aussi l’occasion pour les participants d’apprécier l’artisanat haïtien à travers d’autres expositions ayant eu lieu tout l’après-midi.

Taste-of-Haiti

Taste of Haiti 2017

Le commissaire Monestime et le Comté de Miami Dade ont offert une festivité culturelle bien élaborée qui a permis de faire ressortir  la fierté Haïtienne au sein de notre communauté de Dade et de Broward, mettant ainsi en relief notre langue, notre culture et notre histoire. Félicitations aux organisateurs du Comté de Miami Dade qui ont consenti à injecter beaucoup d’énergie pour offrir au public cette magnifique manifestation culturelle placée sous le signe de la gaieté et la bonne humeur sur le pavé couvert d’une verdure abondante, de Miami Dade College à l’occasion de la Fête du Drapeau.

Parallèlement, jeudi 18 mai, l’hôtel de ville de Miramar, un environnement naturel de toute beauté, a présenté au Centre Culturel de Miramar (Miramar Cultural Center), un concert gratuit aux habitants de la ville, intitulé « Haitian Flag Day Celebration », au cours duquel un public nombreux a pu ainsi entendre et applaudir la charmante voix de la grande dame de la chanson haïtienne, Emeline Michel. Dans l’assistance, la présence des grands notables de la Mairie ne manquait pas de se faire remarquer. Parmi lesquels se trouvaient : le Magistrat Wayne M. Messam et la Conseillère Municipale Darline B. Biggs qui ont délivré le message de bienvenue aux participants, le Conseiller Municipal Maxwell B. Chambers et la Mairesse du Comté de Broward Barbara Sharief.

Emeline Michel 18 mai au Centre Culturel de Miramar

Emeline Michel 18 mai 2017

Sur un large podium, la diva haïtienne a interprété plusieurs chansons de son répertoire. Pendant une heure et demi de prestation, Emeline a fait une démonstration de sa parfaite maitrise de la scène pour charmer le public, comme elle en a l’habitude. Avec sa chanson « Lanmou se Flanm Ki Klere Devanm », Emeline a mis de la flamme dans les jambes de toutes les femmes. Notons aussi que la 18e édition de Compasfest prévue pour le weekend écoulé pendant 2 jours consécutifs (20-21 mai) à Bayfront Park, Downtown Miami, a aussi marqué comme à l’ordinaire la journée du bicolore haïtien.

Alors que la cérémonie officielle, tenue à l’Arcahaie, des défilées de Corps d’Honneur », dans la diaspora haïtienne, la commémoration du bicolore haïtien revêt un autre charme. En cette occasion, on fait un peu de tout ou de tout un peu, à la manière des haïtiens. Des festivités s’organisent partout dans les villes. Si la date tombe en weekend, on a l’embarras du choix pour décider d’où continuer la fête. Les groupes musicaux donnent des prestations à chaque coin de rue où résident nos compatriotes haïtiens.

Nous pouvons conclure le marché, en notant qu’on caractérise « une culture » par tout un ensemble d’habitudes et de représentations mentales, constituant les unes par rapport aux autres, un système original et se communiquant de manière invariable à tous les membres d’une certaine population. La culture d’une société donnée inclura la totalité des coutumes, des lois, des croyances, des formes d’art, de langage et de pensée d’une collectivité.

La fin de l’année scolaire : C’est la saison de remise des diplômes


PHOTO de Lynne Nadia Aime

Lynne Nadia Aime

Extrait de Haiti-Observateur 17-24 mai 2017

Par Rosie Bourget

Lorsqu’il s’agit de mettre nos compatriotes en évidence, Haïti-Observateur ne porte pas préjudice. Où que vous soyez, peu importe votre statut social, pourvu que nous soyons au courant de vos accomplissements personnels, vous serez à coup sûr honorer. Trêve d’égoïsme, au lieu d’aller magasiner ailleurs, nous partons du principe d’apprécier, de promouvoir et de préserver ce qui nous appartient. Il est peut être question de sentiment d’appartenance.

Dans divers pays, la saison d’automne est non seulement consacrée à la fêtes des mères et la première communion, elle est définitivement reconnue comme la saison de remise des diplômes (graduation dans le système scolaire/universitaire Anglo-Saxon). C’est l’occasion pour certains de raconter leur parcours jusqu’à cette récompense. Avec les cérémonies de graduation qui se multiplient, de nombreux membres de la famille et amis reçoivent des invitations çà et là pour partager ce moment solennel, saluer les efforts et la concrétisation des étudiants sortants, et célébrer cette cérémonie honorifique avec les diplômés. C’est d’ailleurs le moment d’encourager les jeunes qui terminent leurs études classiques de ne pas lâcher prise, de poursuivre leurs études universitaires.

C’est dans des lieux hautement prestigieux comme les grands amphithéâtres que se déroulent la remise de cette attestation. Comme la cérémonie requiert un certain décorum et revêt un caractère protocolaire, les diplômés doivent porter sous la toge une tenue vestimentaire soignée et appropriée à l’événement. Ils sont tous vêtus de robe universitaire ou toge, d’écharpe, de mortier (sorte de bonnet) et de cordon d’honneur pour ceux qui ont réussis avec une moyenne de 3.5 ou plus, au rang de (Cum laudae, Magna cum laude, Summa cum laude).

En tant que diplômée, du fond du cœur nous félicitons tous les diplômés de l’année scolaire 2016-2017 pour leurs efforts, également pour la patience dont ils ont fait preuve. Vous avez rendu un rêve d’enfant réalité, car certaines personnes qui n’ont pas eu la chance de terminer leurs études, ne voient cela que dans les films.

Un grand coup de chapeau à une diplômée haïtienne

Chaque année, à pareille époque, notre plume est mise à la disposition des gens qui laissent, de manière positive, une trace de leur passage sur cette planète. Notre rubrique ne se limite pas sur de billets relatifs au développement personnel. Nous avons pour mission d’identifier et d’exposer au grand jour les talents haïtiens qui fonctionnent dans l’ombre, et aussi de louer les efforts de ceux qui le méritent. Ceci étant dit, nous avons le plaisir de mettre à l’honneur Lynne Nadia Aimé, une haïtienne à part entière qui vient de décrocher en grande pompe une maitrise en Travail Social (MTS/MSW) promotion 2017.

Lynne Nadia Aimé est née en HAITI où elle a reçu son diplôme d’éducatrice préscolaire et poursuivi des études universitaires en psychologie à l’Université d’Etat d’Haïti, faculté d’Ethnologie, section psychologie.  Intéressée à l’avancement de l’éducation préscolaire publique, Lynne Nadia Aimé joignit le ministère de l’Education Nationale où elle a occupé tour à tour les postes d’inspectrice, chef de service et directrice. À ce titre, Lynne Nadia Aimé à contribue à la création de dizaines de centres préscolaires publics attachés ou situés près des écoles primaires publiques à travers les départements géographiques du pays.

Au cours de son passage à l’Education Nationale, Lynne Nadia Aimé a également contribué à la mise en place du programme d’éducation parentale KONESANS FANMI SE LESPWA TIMOUN en formant la première équipe de formateurs de formateurs et supervisant l’implantation du programme à travers le pays. Grâce à la formation sur la santé et le développement de l’enfant, des centaines d’enfants ont pu vivre pour fêter leur premier anniversaire de naissance et avoir une chance à la vie.

Ayant émigré aux États- Unis, Lynne Nadia Aimé continua à travailler dans le domaine de l’éducation préscolaire d’abord à New York puis à Kansas City Missouri où elle s’était transférée afin de poursuivre une étude spécialisée dans la pédagogie Montessori. En dépit de son amour pour l’éducation préscolaire, Lynne Nadia Aimé décida de fermer cette page de sa vie professionnelle après s’être portée volontaire pour servir de traductrice a ses frères et sœurs réfugiés venant d’Haïti ou de l’ Afrique de l’Ouest. Voyant l’énormité de la tâche socio- communautaire à accomplir, Lynne Nadia Aimé entreprit deux ans de cela des études de maîtrise en intervention thérapeutique et sociale.

Lynne Nadia Aimé a officiellement déposé son tablier d’éducatrice et a revêtu la toge d’intervenante thérapeutique et sociale qui sera sa deuxième carrière tant que le Seigneur lui prêtera vie. À cet effet, Lynne Nadia Aime utilise déjà son savoir fraîchement acquis avec l’organisation Journey To New Life de Kansas City Missouri où elle joue le rôle d’intervenants thérapeutique et sociale pour des femmes abusées physiquement et/ou sexuellement. Lynne Nadia Aimé est heureuse de pouvoir accompagner ces courageuses femmes dans leur marche vers la réintégration dans la vie civique après qu’elles aient payé leur dette à la société.

Lynne Nadia, permets que nous te présentons nos plus sincères félicitations pour ces belles années d’études. Avec un diplôme d’études supérieures, tu viens de marquer un pas en plus dans le monde professionnel. N’étant pas née et élevée aux États Unis, travaillant à temps plein, obtenir une maîtrise dans une langue qui n’est pas la nôtre n’est pas chose facile, surtout lorsqu’on n’est pas trop jeune. Faisant l’expérience, l’auteure de cet article parle en connaissance de cause.

Moment solennel et important, la cérémonie de remise des diplômes de Lynne Nadia signifie reconnaissance et concrétisation du travail fourni tout au long du cursus universitaire. Ces instants privilégiés de partage entre diplômés, professeurs, mais aussi famille et proches se sont conclus par de nombreuses séances photos. Malheureusement, sa sœur cadette Sandra qui a payé (trop tôt) tribu à la nature en mars 2017 n’était pas présente pour y prendre part et apporter son soutien à Lynne Nadia Aimé.

Maintenant que les carottes sont cuites, les épreuves ont pris fin, c’est le moment de te recréer et de faire le plein d’énergie. Tu te souviens de ce feuilleton télévisé « La Croisière s’Amuse » ? Alors ne reste pas clouée chez toi, offre-toi une croisière dans les Bahamas car une fois n’est pas coutume. Après le décès de ta sœur, le moral n’est pas au beau fixe mais est-ce que ça dérange si tu pars en vacances dans ton endroit favori pour quelques jours juste pour te défouler? Au contraire, un petit moment de loisir de temps en temps t’aidera à te remettre très vite sur le piton. Encore une fois, toutes nos félicitations à toi Lynne Nadia Aimé.

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