Discussion: QUI N’A PAS BESOIN D’AMOUR ?


Par Rosie Bourget

 
« La vie et l’amour sont deux loisirs que nous possédons, mais que nous ne savons pas exploiter. » Jérôme Humbert. Personne ne peut vivre sans amour, à moins que cela soit un choix. Voici un extrait de la bible : L’apôtre Paul a écrit : « Je pourrais distribuer tous mes biens aux affamés et même livrer mon corps aux flammes, si je n’ai pas d’amour, cela ne me sert à rien. » Le sens de la vie de l’homme sur terre est celui qui le porte vers autrui, vers les autres humains, espèce unique à laquelle il appartient et avec laquelle il doit collaborer pour un progrès, une amélioration des conditions de vie, un souci du bien-être de ceux qui font partie de sa sphère relationnelle. Il est solidaire de ses proches dont il est le gardien, le responsable devant Dieu, et est invité à mettre à disposition toutes ses richesses, capacités, compétences et qualités pour entretenir la terre sur laquelle il habite et pour produire la paix et le bonheur. Le capital d’amour qu’il a reçu au cours de sa vie humaine et dans sa vie spirituelle doit être partagé avec tous ceux que Dieu place sur sa route, quels qu’ils soient. Par ailleurs, parmi la hiérarchie des besoins de Maslow se trouve les besoins d’appartenance et d’amour.

 

Que ce soit l’amour de ses parents, son/sa copain/copine ou encore celui qu’on se porte à soi-même, l’amour est une composante essentielle de la vie. La première histoire d’amour que connaît chaque être humain est celle qu’il vit avec ses parents, particulièrement sa mère, ce qu’on appelle en anglais (bonding), puis les personnes de son entourage. L’attachement des parents à leur enfant, et réciproquement l’attachement de l’enfant à ses parents, est ce qui va permettre à chacun de grandir et de construire les bases de sa vie d’adulte. Ces bases peuvent être plus ou moins solides en fonction de la qualité des premières relations parents/enfants mais ce qui est certain, c’est que tout au long de la vie, on va chercher à retrouver, dans ses relations amoureuses mais aussi amicales, ces premiers ressentis d’amour. A cela se pose une question importante. Pourquoi l’amour prend autant de place dans notre vie ? C’est clair, parce qu’il est source de vie et de plaisir. L’amour est un partage, on se saurait donner ce que l’on n’a pas.

 

La pyramide de Maslow est l’un des modèles de la motivation les plus enseignés, notamment en formation au management. Cette hiérarchisation peut varier d’un individu à un autre, en fonction de son mode de vie, sa culture et de ses motivations. En intégrant la notion de « Soft factors » (culture d’entreprise, éthique…) on modifie la hiérarchie des besoins par une meilleure prise en compte individuelle qui limite la résistance aux changements et favorise la motivation.

 
D’autres auteurs se sont penchés sur les besoins humains, notamment Frederick Herzberg, qui a défini les besoins d’Adam et les besoins d’Abraham. L’étude des enfants sauvages a aussi permis d’avancer dans les constatations qui caractérisent les besoins des êtres vivants, notamment les animaux sociaux et homo sapiens. À la lumière de ces constatations et de ces réflexions, on s’aperçoit que loin de décrédibiliser la théorie de Maslow, elles la confirment : qui pourrait affirmer que les besoins vitaux ne sont pas hiérarchisés ? La plus élémentaire des observations expérimentales montre que le besoin de respirer est prioritaire par rapport au besoin de boire, puis de manger : quelques minutes d’arrêt respiratoire suffisent à tuer un être vivant (du moins un humain), alors qu’il peut vivre plusieurs jours sans boire et plusieurs semaines sans manger.

 
Le monde dans lequel nous vivons entretient l’illusion que nous avons besoin de toutes sortes de biens pour être heureux et qu’il suffit de  » briller  » pour se faire bien voir et aimer des autres : tout est fondé sur l’apparence, sur l’image sociale. Malheureusement, cette course à la performance, à la rentabilité, à la richesse aboutit au  » chacun pour soi « , à l’individualisme et à l’égocentrisme, en fait à la solitude. La sphère relationnelle n’est plus entretenue parce que le temps est occupé exclusivement à  » faire mieux « ,  » avoir plus « ,  » être au top « . Même l’amour est subordonné à ces paramètres, ce qui fait qu’autrui n’est plus un vis-à-vis, un égal, un pair, mais un objet de consommation, servant à satisfaire une exigence d’amour et pouvant  » être jeté  » dès qu’il ne plaît plus.

 
L’amour reçu et transmis ou donné, authentique et désintéressé, est gratuit et inconditionnel. Il ne dépend pas de ce que fait ou ne fait pas l’être humain, de ce qu’il produit ou pas ou de ses ressources, l’amour existe avec la personne humaine qui en est le canal. Il est le potentiel de tout être humain et ne demande qu’à se développer, à s’épanouir au contact des autres qu’il recherche pour cela. Donner de l’amour n’est-ce pas la mission de chaque croyant, aimer son prochain comme soi-même n’est-ce pas la vocation de tous ceux qui ont reçu la grâce de Dieu pour eux-mêmes ? L’amour véritable implique une dynamique qui exige des efforts, des sacrifices, mais dont les fruits sont inestimables. En allant vers autrui, vers les autres, on se décentre de soi, peu à peu s’estompent les limites de l’égoïsme, s’ouvre la cage de la suffisance, s’abolit l’orgueil de croire qu’on peut se passer des autres ou qu’on peut les utiliser comme des copies conformes de soi, servant à mettre en valeur sa propre image.

 
L’élan vers l’autre a toujours une récompense, autrui ne reste jamais indifférent au don d’amour, il y répond généralement même si ce n’est pas là où on l’attend, ni de la manière qu’on espère, ni forcément en quantité débordante à la mesure de ce qui a pu être donné. Donc donner son amour de façon désintéressée, ou plutôt partager l’amour reçu, sans attendre un retour immédiat ni de là où il a été donné, est la seule manière de quitter la solitude et de s’attacher à autrui. De la sorte, il sera possible d’établir avec lui une relation durable, riche de tous les échanges, et porteuse d’espérance pour le plus grand bénéfice moral (expérience sensible), affectif (éprouvé intérieur), mental (satisfaction intellectuelle) et même physique (une bonne santé) de ceux qui le génèrent.

 
Cessez de jouer avec les sentiments des autres. L’amour est don de soi, et désirer être en relation implique d’être prêt à donner de sa personne d’abord puis de recevoir ce qu’autrui veut et peut donner de lui-même, en toute liberté. Il est vital pour l’être humain de se sentir aimé, mais aussi de pouvoir utiliser sa capacité d’amour qui le désigne comme faisant partie de l’humanité créée à l’image de Dieu, source de tout amour. Chacun de nous recherche la même chose : amour, respect et plaisir. Seulement, la route n’est pas la même pour tout le monde et, malgré toute notre bonne volonté, et maladresses sont trop souvent au rendez-vous.

14 fevrier 2016

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