MALALA : LA PLUS JEUNE RÉCIPIENDAIRE DU PRIX NOBEL


Par Rosie Bourget

malala
Quel contraste ! Alors que Jean-Caude Duvalier fut le plus jeune président-dictateur au monde, Malala est la plus jeune récipiendaire du Prix Nobel. Connue pour sa défense du droit à l’éducation des jeunes filles dans son pays, victime d’une attaque par un groupe lié aux talibans, la jeune fille pakistanaise Malala Yousafzai, est lauréate du Prix Nobel de la Paix 2014. Excellent choix de distinguer cette militante, cette courageuse « petit bout » de femme qui est une vraie résistante, une leader en herbe.
Depuis des années, l’adolescente, de loin la lauréate la plus jeune en 114 ans d’histoire du Nobel, milite pour le droit des filles à l’éducation, ce qui lui a valu d’être la cible d’une tentative d’assassinat qui a failli lui coûter la vie il y a deux ans presque jour pour jour, le 9 octobre 2012. L’adolescente était à l’école, à Birmingham (Angleterre), où elle vit depuis qu’elle y a été opérée après la tentative d’assassinat, lorsque le prix lui a été attribué, selon une porte-parole de l’entreprise de relations publiques qui gère son image.
Et dire que chez nous les filles de 17 ans n’optent pas pour l’enseignement, l’adolescente, la leader des enfants sans voix qui n’est âgée que de 17 ans, voit son combat en faveur de l’éducation des jeunes filles récompensé. Selon les Nations unies, 57 millions d’enfants en âge de fréquenter l’école primaire ne sont pas scolarisés dans le monde, dont 52% de filles.
Le choix du comité norvégien prend un relief particulier à la lumière de l’enlèvement le 14 avril dernier au Nigeria de 276 lycéennes par le mouvement islamiste Boko Haram, dont le nom signifie «L’éducation occidentale est un péché». Cet épisode a choqué la planète et déclenché un vaste mouvement de mobilisation «Bring back our girls» («Ramenez nos filles») auquel Malala a pris part aux côtés notamment de célébrités comme Hillary Clinton. À travers son combat héroïque, Malala Yousafzai est devenue une porte-parole de premier plan en faveur de l’éducation des jeunes filles.
L’adolescente pakistanaise était «à l’école comme d’habitude» vendredi matin à Birmingham, dans le centre de l’Angleterre, lorsqu’on lui a attribué le prix. Elle devait donner une conférence de presse plus tard dans la journée. Malala est «la fierté du Pakistan», s’est félicité le Premier ministre Nawaz Sharif dans un communiqué publié quelques minutes après l’attribution du prix.
La nouvelle est venue d’Oslo à 11 heures (heure de Paris). Lors d’une conférence de presse à Birmingham, en Angleterre, Malala s’est dite «fière d’être la première Pakistanaise et la première jeune femme» à obtenir le prix Nobel de la paix. «Cette récompense est pour tous les enfants sans voix, et qui doivent être entendus», a-t-elle ajouté. «Cela ne va pas m’aider, car je vais bientôt passer mon Bac, mais je suis ravie», a-t-elle souligné avec humour.
Durant son intervention, Malala a également demandé aux Premiers ministres pakistanais et indien, Narendra Modi et Nawaz Sharif, d’assister à la remise du Nobel de la Paix le 10 décembre. Les relations entre les deux sont tendues depuis la partition de l’Inde britannique en 1947. Symbole mondial de la lutte contre l’extrémisme religieux, elle avait déjà reçu, le 20 novembre 2013, le prestigieux prix Sakharov pour les droits de l’homme au Parlement européen.
A 17 ans, la jeune militante pour le droit à l’éducation devient la plus jeune Prix Nobel de la paix et la seizième femme récompensée. Elle succède au Britannique d’origine australienne Lawrence Bragg, qui avait 25 ans lorsqu’il a partagé le prix Nobel de physique avec son père en 1915. En 95 prix remis à 128 lauréats, c’est la 29e fois que le prix Nobel de la paix est remis conjointement à deux personnes.
Rappelons pour l’histoire, Malala n’a pas eu la chance de vivre pleinement son adolescence. A 15 ans, elle a été la victime d’un attentat à Mingora, lorsqu’en 2012, deux membres des talibans ont montés dans le bus scolaire, lui avaient tiré dessus, la blessant grièvement à la tête, en raison de sa campagne en faveur de la scolarisation des jeunes filles au Pakistan. Depuis, elle a rarement quitté l’œil des médias, qui ont suivi son rétablissement physique, son premier jour dans sa nouvelle école, la signature d’un accord avec un éditeur pour publier son livre… Elle a enchaîné les discours, le plus connu étant son éloquente allocution, très remarquée, aux Nations unies en juin 2013 : « Prenons nos cahiers et nos crayons. Ce sont nos armes les plus puissantes », avait alors clamé la jeune fille. Apres la sortie de son bouquin « Je Suis Malala », qui est interdit par la Fédération des Écoles Privées de Pakistan, elle est devenue une icône, une modèle pour les enfants, une voix sonore qui est entendue dans le monde entier.
L’Indien Kailash Satyarthi, l’autre récipiendaire du Prix Nobel de la paix, a estimé que ce prix constituait une « reconnaissance » de son « combat en faveur des droits des enfants ». « Je remercie le comité Nobel pour cette reconnaissance de la détresse de millions d’enfants qui souffrent », a-t-il ajouté, « ravi » de ce prix, selon des propos rapportés par l’agence Press Trust of India.
Le Co-récipiendaire du Prix Nobel de la Paix, Kailash Satyarthi a dirigé des manifestations contre l’exploitation des enfants, réduits à l’état d’esclaves dans les usines indiennes où ils effectuent des tâches pénibles à longueur de journée et sont victimes de violences, y compris sexuelles.
Devenus l’héroïnes du Pakistan et de l’Inde, le Prix Nobel ne pouvait pas aller à de meilleures personnes, en particulier la courageuse Malala. Justice lui est rendue en quelque sorte avec la plus prestigieuse des récompenses. Bravo Malala, Bête noire des talibans qui ont attenté à sa vie à cause de son engagement pour l’éducation des filles, Malala Yousafzai a reçu vendredi 10 octobre 2014 le prix Nobel de la paix, aux côtés de Kailash Satyarthi, activiste indien pour les droits des enfants. Son combat ne fait que commencer dans ce vaste monde musulman en dérive. Son combat doit servir d’exemple et rappeler qu’il fut un temps ou de vrais musulmans loin des idées intégristes, ont failli créer le paradis sur terre à Andalousie en s’associant aux gens du livre chrétiens.
Etant mère de deux filles, je ne peux que me réjouir de cette nomination bien méritée. Il y a des milliers de victimes comme Malala en Afghanistan, au nord-Pakistan et travers le monde. Le comité a tenu à remettre le prix à un hindou et à un musulman, qui sont aussi respectivement un Indien et une Pakistanaise, dans un combat commun pour l’éducation et contre les extrémismes. Désormais installée en Grande-Bretagne dans la région des West Midlands, Birmingham, où elle a été soignée, où son père a occupé le poste de l’Education Attaché consulat du Pakistan, Malala Yousafzaï a créé une fondation à son nom et soutient les campagnes en faveur de l’éducation des enfants, en particulier au Pakistan, au Nigeria, en Jordanie, en Syrie et au Kenya.
Le prix Nobel de la paix a été décerné conjointement à la Pakistanaise Malala Yousafzaï et à l’Indien Kailash Satyarthi, tous deux activistes des droits des enfants. Agé de 60 ans, Kailash Satyarthi s’inscrit pour sa part « dans la tradition de Gandhi », selon les termes du comité Nobel, qui rappelle que cet Indien a « dirigé diverses formes de contestation et de manifestations, toutes pacifiques, contre la grave exploitation des enfants à des fins de profits financiers ». Le comité Nobel dit avoir accordé une importance particulière au fait d’avoir récompensé simultanément un hindou et une musulmane, un Indien et une Pakistanaise. Le prix sera remis aux deux lauréats à Oslo le 10 décembre, date anniversaire de la mort d’Alfred Nobel. Malala Yousafzaï est la “ fierté du Pakistan”. En espérant qu’avant la fin du siècle, un lavalassien et un duvaliériste ou un évangéliste et un vaudouisant seront la « fierté d’Haïti » qu’est la Perle des Antilles.

r_bourget@yahoo.com
MTS (Maitrise en Travail Social)

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Une réflexion sur “MALALA : LA PLUS JEUNE RÉCIPIENDAIRE DU PRIX NOBEL

  1. Petite contribution à cet article : plasticienne j’ai réalisé une oeuvre intitulée « Hommage à Malala » sur les terribles enlèvements des jeunes lycèennes par Boko Haram, en écho au grand combat pour l’éducation des filles de Malala Yousafzai. Une installation que j’ai pu présenter à 400 lycéens français pour la Journée des Femmes 2018. L’action est aussi la pédagogie et le débat.

    A découvrir : https://1011-art.blogspot.com/p/homage.html

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