« Haiti, Cent Ans d’Histoire (1915-2015) Et De Gouvernance » (suite et fin)


Un billet de Rosie Bourget et de Claudy B. Auguste

neg mawon

Avec un médecin pour presque 1000 habitants, le président-médecin « élu » en 1957, n’avait-il pas raté sa vocation. Lui qu’on voyait souvent porter une arme à feu pour sa propre protection ou « pou kraponnen » les irréductibles. La présence des matrones était beaucoup plus mises en valeur que des médecins, dans les hôpitaux et dispensaires de la République. Ainsi, même aujourd’hui malgré cette carence constatée, et en dépit du nombre élevé de diplômés des universités étrangères (Cuba, Mexique, RD…), est-il pénible d’assister à la mise à l’écart de beaucoup d’entre eux. L’intégration se fait aux compte-gouttes.

L’haïtien, en lui-même, est de nature paisible. Il danse quand il devrait pleurer. Il chante quand il devrait parler. Il est comme un ruisseau suivant tout droit sa course vers l’embouchure. Si des directives de déviation lui sont données, il épouse la forme de la courbe. A l’arrivée d’un prêtre au pouvoir, l’homme haïtien avait toutes les possibilités, selon le cri d’alarme lancé, de vivre en parfaite harmonie avec ses frères et de renforcer notre devise. Mais tout le contraire. Le prêtre fit déposer l’écharpe présidentielle dans un « layé » comme pour dire qu’un démon se trouve désormais au contrôle. Et des preuves n’en manquent pas…Tout par lui, et avec lui.

Réforme agraire, là où le bas blesse. Dessalines a payé de sa peau de plusieurs balles, pour avoir osé. L’agronome au Palais, en fin du XIXème pouvait-il faire mieux. Pourtant, ils (son équipe) répètent à satiété qu’Haïti est un pays essentiellement agricole. N’était-il pas à sa place pour passer de mots à la réalité. L’art de diriger n’est pas donné à tout le monde. Préval avait passé 10 ans au pouvoir, il avait essayé un programme de réforme agraire qui n’a rien apporté de positif comme résultat. Il y a ce qu’on appelle le “MAFETOU”, “Je peux le faire aussi” Gouverner en Haïti c’est juste donner l’impression qu’on fait quelque chose. En d’autres mots, (make believe).

Quand on regarde la gamme des différents secteurs, production et distribution des vivres, hygiène, santé et habitat, disponibilité en eau potable, conditions de travail, surtout pour les femmes, durée de la vie, et autres indices sociaux et économiques, le tableau d’ensemble qui se dégage est décevant, soit qu’on le considère en lui-même, soit qu’on le compare aux données correspondantes des pays plus développés.

Et ce n’est peut-être pas le mot le plus approprié pour décrire l’exacte réalité, en ce sens qu’il peut donner l’impression d’un phénomène stationnaire. Il n’en est pas ainsi. Dans la marche des pays développés et en voie de développement, on a assisté, ces dernières années, à une vitesse d’accélération différente qui contribue à augmenter les écarts, de sorte que les pays en voie de développement, spécialement les plus pauvres, en arrivent à se trouver dans une situation de retard très grave.

Enfin, dans le tumulte des ambitieux voulant gravir les perrons inexistants depuis le 12 janvier 2010, du Palais National, surgit un musicien-chanteur. Il a tous les mérites, quitte à l’admettre. Aucun de ses prédécesseurs n’a appliqué mieux que lui un savoir-faire. En trois ans au pouvoir, six (6) carnavals, dans un pays frappé d’un deuil meurtri en 2010 avec un taux de croissance alarmant, et un taux de chômage grandissant, sont organisés.

L’autre symptôme, commun à la plupart des pays, est le phénomène du chômage et du sous-emploi. Qui ne se rend compte de l’actualité et de la gravité croissante d’un tel phénomène dans un pays comme le nôtre ? S’il paraît alarmant dans les pays en voie de développement, avec leur taux élevé de croissance démographique et le grand nombre de jeunes au sein de leur population, dans les pays de fort développement économique les sources de travail vont, semble-t-il, en se restreignant, et ainsi les possibilités d’emploi diminuent au lieu de croître.

Ce phénomène, avec la série de ses conséquences négatives au niveau individuel et social, depuis la dégradation jusqu’à la perte du respect que tout homme ou toute femme se doit à soi-même, nous invite, lui aussi, à nous interroger sérieusement sur le type de développement réalisé en Haïti au cours de ces vingt-huit dernières années (1986-2014).

Si élections, il y en aura, il reste aux votants maintenant de combler le parlement de plus de musiciens possibles, qui, par la multiplication et l’organisation de réjouissances populaires, donneront un sens à leur existence. Et ainsi balance l’alchimie de leur vie.

Et les mamelles de la diaspora ne produiront pas toujours du lait en quantité suffisante, qu’on se le dise. Qu’ils le sachent. Mais heureusement qu’il existe encore des visionnaires pour venir avec des lanternes, et s’il le faut les allumer en plein jour du midi, pour nous éclairer les idées, nous ouvrir les yeux. Ils nous diront que l’été n’est jamais permanent, et sans le vouloir et le chercher, arrive toujours l’hiver. Et à Jean de La Fontaine dans « La Cigale et la Fourmi » de tirer des conclusions alarmantes qui peuvent gouverner notre vie, si, bien sûr, nous le voulions bien:

« La Fourmi n’est pas prêteuse :
C’est là son moindre défaut.
Que faisiez-vous au temps chaud ?
Dit-elle à cette emprunteuse.
Nuit et jour à tout venant
Je chantais, ne vous déplaise.
Vous chantiez ? j’en suis fort aise.
Eh bien! dansez maintenant.

Pour une Haïti prospère, mettons de côté nos égos et le fanatisme. Enterrons la hache de guerre afin que le pays puisse finalement renaitre de ses cendres. Cessons de pratiquer la Loi du Talion, « Œil pour œil dent pour dent », qui apparaît en 1730 avant JC dans le code d’Hammourabi, alors roi de Babylone. Arrêtons de répéter à longueur de journée comme des « jacots », « l’haïtien est le premier Peuple Noir indépendant dans le monde», une indépendance qui ne vaut pas grand-chose, qui ne nous sert prèsqu’à rien, sinon qu’augmenter notre misère. Et qu’ « Haïti est un pays essentiellement agricole » alors que nous ne faisons rien pour développer l’agriculture. Même le citron, la banane…, c’est le pays limitrophe (Saint Domingue) qui nous les procure. N’est-ce pas une HONTE, pour un pays essentiellement AGRICOLE ? De quelle agriculture parlons-nous lorsque le peuple meurt de faim, mange de la boue ?
Puisqu’il y a une carence d’homme ayant la compétence requise pour diriger le pays, par conséquent, il est, en toutes circonstances, impératif de solliciter l’aide des professionnels de toute tendance afin d’éviter qu’Haïti s’effondre davantage dans la médiocrité.
Si l’on pourrait vivre dans un monde différent, dominé par le souci du bien commun de toute l’humanité, c’est-à-dire par la préoccupation du «développement spirituel et humain de tous», et non par la recherche du profit individuel, la paix serait possible comme fruit d’une «justice plus
parfaite entre les hommes».

r_bourget@yahoo.com
(MSW) Masters of Social Work
Auteur
Claudyauguste@gmail.com
Romancier

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« Haïti, Cent Ans d’Histoire (1915-2015) et de Gouvernance » (première partie)


Un billet de Rosie Bourget et de Claudy B. Auguste

ColombNouveauMonde

Fin de juillet de l’année 1915, régnaient des moments de tension les plus intenses qu’a connus Haïti, au tout début du XXème siècle. Deux présidents assassinés en un seul jour. Le 27 juillet 1915, mort de Vilbrun Guillaume Sam et d’Oreste Zamor, le même jour. Ce dernier, Emmanuel Oreste Zamor, Président d’Haïti de février à octobre 1914, est assassiné au pénitencier de Port-au-Prince où il était détenu. L’assassinat de Roger Lafontant, en 1991, n’a pas fait l’histoire. Puis l’enceinte d’un consulat violé. Le Président Vilbrun Guillaume Sam, qui, à la suite de troubles graves dans le pays, s’était réfugié à la Légation française, en est extirpé et lynché par une foule hostile qui traîne son cadavre à travers les rues de Port-au-Prince. La dernière goutte d’eau transvasée fut de trop.

Un siècle plus tard, comme aurait pu si bien dire l’Honorable Député « Yes, I ya », nous célèbrerons dans la joie cet anniversaire au Champ-de-Mars. Carnaval des Fleurs, version 4 oblige. Probablement. Notre bien-aimé patrie qui patauge encore dans une misère accrue et un sous-développement inhumain et dégradant, vu l’absence immédiate d’infrastructures urbaines, en Cent Ans d’histoire, fut dirigé par des Hommes de Droit, des Généraux, un médecin, un prêtre, un agronome, un musicien-chanteur à succès…Toutefois la plaie rongeant le pays, pas aucun d’entre eux, pour ne pas dire tous, n’a jamais été touchée directement du doigt. « Maleng nan gwo anpil ».

Les responsables chargés de la gestion de nos villes négligent cet aspect de la vie urbaine, et parfois même y contribuent énergiquement. Et comment expliquer ou accepter que les villes restent ainsi, chargées et débordant de détritus, entourées d’ordures diverses, et cela même dans les quartiers les plus huppés et les plus chics ? Nos villes sont tellement sales qu’on ne fait même plus attention à tous ces déchets qui encombrent nos avenues et nos rues. Nous ne remarquons cela que quand les employés des services urbains de propreté et d’autres entités entrent en grève et laissent des monticules, des montagnes de détritus salir et polluer l’espace urbain… C’est un peu comme si l’on avait commencé à admettre un seuil minimum de saletés dans les rues…

D’autres problèmes peuvent être relevés dans cette belle nation qui est la nôtre, comme par exemple la question du respect du Code de la route, du comportement des piétons et de leur relation avec les règlements de circulation. Les conducteurs d’engins (autos, bus, motos…) ne respectent pas les passages protégés, mais il faut reconnaître que les piétons non plus ne leur marquent aucun intérêt.

Certes, il s’agit d’un problème de comportement des uns et des autres, mais cela peut également s’expliquer par le manque d’infrastructures et/ou par des installations défaillantes. Le propos ici n’est pas de minimiser ou de ne pas reconnaître la responsabilité des piétons dans leur attitude peu ou pas citoyenne, mais de rappeler que la faute incombe aussi aux responsables urbains qui ne veillent pas assez à assurer et aménager ces espaces de marche.

Nous ne pouvons donc reprocher aux seuls citoyens de ne pas se déplacer sur les trottoirs car ces derniers, dans la plupart des cas et quand ils existent, sont déjà encombrés par ces choses que nous connaissons tous (condoms, haillons, matières fécales, voitures abandonnées…), bien qu’il faille aussi admettre ce curieux comportement des piétons consistant à marcher en parallèle d’un trottoir, parfois même à quelques mètres, sur la chaussée.

Reprocher aux gens leur manque de civisme est une chose pourtant essentielle car ce civisme est bien souvent, trop souvent, étranger à l’esprit des haïtiens. Exhorter les citoyens à modifier leurs habitudes est aussi une chose fort recommandable et recommandée car cela entre dans le cadre de la sensibilisation. Mais il est aussi très important de réaliser les infrastructures nécessaires pour encourager les populations à se montrer plus respectueuses des règles, et des trottoirs.

Et puis, une autre question d’importance, les aménagements de ces trottoirs… en Haïti, être une personne aux besoins spécifiques est un véritable calvaire. La plupart des trottoirs, pour ne pas dire presque tous, sont conçus sans pentes pour fauteuils roulants ou poussettes pour bébés. Il existe même certains trottoirs difficiles à emprunter par des personnes disposant de toutes leurs aptitudes physiques, eu égard à leur hauteur inexpliquée et inexplicable. Les architectes urbanistes, les administrations, ne pensent-ils donc pas, pensent-ils donc si peu, aux personnes handicapées ou aux jeunes mamans avec leurs nourrissons, c’est-à-dire ces personnes qui ont besoin d’aménagements dédiés ? Une question importante, que les édiles et les ingénieurs municipaux devraient plus et mieux prendre en considération.

Autre chose, les espaces réservés (si par hasard il y en a) aux « parkings » pour personnes handicapées ou à mobilité réduite. Dans des supermarchés et des édifices publiques, de tels emplacements seraient prévus et surmontés d’un écriteau portant cette belle et intéressante mention : « Si vous voulez prendre ma place, prenez donc aussi mon handicap ». Des gardiens seraient même prévus pour empêcher les personnes sans handicap de garer leurs véhicules à ces places réservées.

Voilà donc une heureuse initiative que nos responsables urbains seraient bien inspirés de suivre, en appliquant la logique et le processus suivants : aménager ce qui doit l’être là où il y a lieu de l’être, puis sensibiliser les gens à respecter ces aménagements et, enfin, entreprendre les actions nécessaires pour les inciter à modifier leurs comportements. La décision du propriétaire montrerait que telle chose est très aisément concevable, même si elle doit prendre du temps avant d’entrer réellement en application et d’être respectée par tous.

La gestion des villes requiert une vision stratégique sur ce que nous voulons être à moyen et long terme. L’évolution des attitudes de chacun et de tous, le changement des modes de vie prend naissance de ce type de détails.

Les hommes de loi, tels les présidents Borno, Roy, Vincent…Jonassaint, Boniface Alexandre…ne se sont pas penchés sur une vraie réforme du système judiciaire du pays. Ou n’ont-ils pas voulu ou c’était loin de là leur mission. Quelle mission! Sommes-nous encore au fond d’une gouffre? Des lois, arrêtés présidentiels, arrêtés communaux datant du IXX ème siècle, sont encore aujourd’hui en vigueur. Parlant des militaires, par force de garder un statu quo en refusant d’envoyer l’armée protéger les frontières, ils ont travaillé à sa perte. Une si belle institution hiérarchisée. Haïti dont la superficie terrestre est deux fois moins inférieure à celle limitant ses hautes mers, avait de quoi se doter d’une marine forte. Mais l’armée était beaucoup plus forte dans la répression de manifestants pouvant les empêcher de faire et de défaire des gouvernements…à suivre.

r_bourget@yahoo.com
(MSW) Masters of Social Work
Author
Claudyauguste@gmail.com
Journaliste/Romancier(Ania La Princesse)

UN DICTATEUR QUI A MIS SON PAYS À GENOUX EST MORT


Par Rosie Bourget et Claudy B. Auguste

funerailles de jean-claude Duvalier
De Staline en Russie, des Duvalier en Haïti à Pinochet au Chili, il y a au moins une chose que nous ayons appris des dictateurs. Malgré les choses terribles qu’ils font souvent envers leur peuple, leur passage au pouvoir a un impact significatif sur la vie de leurs victimes.
Mais pourquoi appelle-t-on le bras de fer Jean-Claude Duvalier « l’ex-dictateur » ? « Once a criminal, always a criminal », un criminel reste un criminel. Les exilés, les soi-disant prisonniers politiques torturés à Fort dimanche, les images sidérantes montrant le dictateur « Baby Doc » jetant des billets de 2 à 50 gourdes à la foule depuis les fenêtres de sa Mercédès # 1 marqueront à jamais les esprits de ses victimes.

Jean-Claude Duvalier, arrivé au pouvoir dans les conditions que nous connaissons, avait toutes les chances de faire de notre pays une vraie perle des Antilles. Il était aimé, adulé par la population qui voyait en lui une rupture avec les méthodes expéditives qu’utilisait son père pour faire taire les opinions contraires.

Si les faucons du régime qui s’appuyaient sur la présence de sa mère, n’étaient pas trop présents dans les couloirs de l’administration, il aurait été passé pour l’un des plus grands présidents qu’Haïti n’ait jamais connus. « Fils authentique »? Il n’était pas de notre monde. Il a connu la gloire à sa naissance. Fils d’ancien ministre et de président de la République.

Accusé d’avoir détourné plus de 100 millions de dollars de fonds publics lorsqu’il était au pouvoir avec son ancienne épouse, le dictateur, criminel notoire haïtien Jean-Claude Duvalier ci-devant «Baby Doc» pour les intimes qui a régné de 1971 à 1986 et décédé samedi 4 octobre 2014 dans son pays natal Haïti à 63 ans d’une crise cardiaque, dit-on, provoquée en partie par une tarentule mordre.
Manipulable et manipulé, Jean-Claude Duvalier prend les rênes du pouvoir en Haïti à 19 ans en 1971, à la suite de la mort de son père le Dr. François Duvalier qui était à la tête du pays depuis 1957. Au début de sa présidence, de 1973 à 1975, Jean-Claude Duvalier prône la fraternité. Mais très rapidement cette tentative de prédicateur a pris une autre ampleur, le régime a changé de ton. Dès les années 1980, une mouche a piqué le dictateur qui brusquement a changé son fusil d’épaule.
Alors que la justice haïtienne venait d’ordonner, il y a quelques mois, une enquête sur les crimes contre l’humanité imputés à l’ancien dictateur, il est décédé sans avoir été juge. À l’issue de cette enquête, la décision devait être prise de poursuivre ou non l’ancien dictateur. Depuis son retour, de nombreuses plaintes avaient été déposées contre lui, pour arrestations illégales, torture, emprisonnement et exil forcé de ses opposants, mais aussi détournements de fonds. Aucun procès n’avait pu être organisé jusqu’à date. Le people a raté la chance de trouver justice.
La Radio Nationale, inaugurée en 1978, avec comme pour premier directeur, le professeur Rémy Mathieu, annonçait la détente. Les abus des militaires et des makouts étaient fréquemment dénoncés. Mais les vautours, vieille garde de l’avant-veille de la Révolution de 1957, s’il en était vraiment une, voyaient cette ouverture « démocratique » d’un mauvais œil. Silvio Claude en a pris le devant pour former le PDCH. Ses ennuis ont commencé avec l’étau qui se resserrait.

L’Administration Carter exigeait des réformes. Elle parlait d’élections et Duvalier lui donnait des préoccupations par le relâchement de nos côtes. Les boat-people envahissent la Floride. Carter perd les élections. Les Duvaliéristes ont salué l’arrivée des républicains à la Maison-Blanche. Mauvais calcul. Les menaces du spectre du communisme, le leitmotiv du régime, ne font plus peur aux Américains. Ils exigent une alternance politique. Vatican fait le jeu. Jean-Paul II négocie le Concordat de 1860. Jean-Claude Duvalier y renonce. Crétinisme qu’il est. Le pape autorise son mariage religieux avec une divorcée et il fait brièvement escale à Port-au-Prince. Ernest Bennet fait concurrence aux Brandt.

Arrivé en 1985, il a attendu trop longtemps pour amender la Constitution, puis après une séance-marathon où « la Chambre J’approuve » acquise à sa cause, le principe d’un Premier-Ministre fut accepté. Trop tard. Gonaïves, toujours à l’avant-garde, demande la tête du chef. Le chef des Tontons Makout, le chef Suprême.
Dès les années 1980, la presse est censurée et les exactions des « VSN », Volontaire de la Sécurité Nationale, une milice qui faisait déjà régner la terreur en Haïti sous la présidence de son père se perpétuent. Des milliers d’opposants sont torturés et massacrés. Dominant un peuple totalement muselé, le plus jeune chef d’État au monde circule librement en toute impunité au pillage des ressources de son pays.
Jean-Claude Duvalier et sa distinguée ancienne épouse la fameuse Michèle Bennett sont accusés d’avoir détourné plus de 100 millions de dollars de fonds publics lorsqu’ils étaient au pouvoir. Ces détournements laissent le pays exsangue et provoquent, dès 1984, les premières émeutes de la faim.
Dès l’annonce du décès du dictateur par la ministre de la Sante Publique, Mme. Florance Duperval, le peuple haïtien se sent soulager que le dictateur ne soit plus de ce monde, du coup, il éprouve un grand regret qu’il n’ait pas pu répondre de ses crimes devant la justice. Les auteurs de ce billet présentent leurs sincères sympathies à tous ceux qui ont subi les arrestations arbitraires, les tortures, la déshumanisation, l’emprisonnement, leur détermination de lutter pour obtenir justice. Aussi, aux individus qui ont porté disparus sans que personne n’ose poser de questions pour savoir si ces citoyens avaient été arrêtés, tués ou si, par chance, ils avaient pu prendre l’exil. Nous profitons de la mort du dictateur pour rendre hommage à ces personnes disparues. Étant ambassadrice de la justice sociale, l’auteure (votre servante) éprouve le regret que Duvalier ne puisse pas répondre de ces crimes commis sous son régime.
Certes, on ne se réjouit pas de la mort de quelqu’un. Qu’il soit un dictateur ou une personne de calibre Mère Theresa, c’est quand même un humain. Sur les réseaux sociaux, on pourrait constater que certains internautes ont insulté sans ménagement Jean-Claude Duvalier, et ont pris un vilain plaisir à se réjouir de son départ impromptu. Il n’y a pas de doute que Jean-Claude Duvalier est un criminel notoire, personne ne peut l’ignorer. Y compris le détournement de fond effectué par sa famille et des aides versées à l’État haïtien sous le couvert d’œuvres sociales. Cependant, il reste et demeure un président qui a marqué l’histoire d’Haïti à sa manière. Donc, étant donné son statut d’ancien chef d’État du pays, il a droit à des funérailles officielles/nationales. L’annonce du décès de l’ancien dictateur nous laisse un goût amer. Parti trop tôt pour l’au-delà, une chose est sûre, le tyran du siècle ne sera jamais puni par la justice pour les exactions commises par son régime.
Duvalier est lâché et devient un objet indésirable. La France, le tombeau des dictateurs lève son petit doigt. Elle veut sa part du gâteau. Est-ce que la mort de Jean-Claude, finalement, fera taire toutes les passions, toutes les haines du régime. Qui va-t-on juger maintenant? Qui paiera pour eux? Verrons-nous encore en Haïti des régimes duvaliéristes sans les Duvalier?

Monsieur le président à vie, son excellence Jean-Claude Duvalier. Nous aurions souhaité que votre départ soit léger si vous aviez eu le temps de faire appel à votre conscience pour voir ce que vous auriez pu faire pour le pays et pourquoi vous ne l’aviez pas fait. Aujourd’hui, vous faites face à votre Juge. Le Grand, le Vrai SUPREME. LUI, il est A VIE. ETERNEL. C’est par LUI que tout pouvoir vous a été donné.

En vous rappelant Monsieur le Président à Vie, qu’on meurt partout, A Fort-Dimanche, au Pénitencier National, dans les Casernes Dessalines, à Fort Lamentin, au Cafeteria, au Palais National, à Cité Soleil, à Sainte-Hélène, à Raboteau, à la Fossette, à la maison, au lit chez des amis…Les Sansaricq meurent, les Benoit, les Duvalier aussi (père et fils). Pour la patrie et pour contrecarrer la dictature mourir est beau, alors vous voyez, nous mourrons tous, et ceci sans exception. La mort n’épargne personne, disons mieux, personne n’est au-dessus de la mort.

Que l’on soit Président à vie, Président d’une vie, simple citoyen, prisonniers politiques, opposants, journalistes, artistes engagés pour ne citer qu’eux, on meurt quand même. Tout comme vos victimes, que votre âme repose en paix Monsieur le Président à vie ! Que la paix et la fraternité règnent au sein de nos frères haïtiens que vous aviez divisés pour mieux régner ! Qu’ils soient capables de vous pardonner pour leur avoir fait souffrir ! Que la terre vous soit légère !

r_bourget@yahoo.com
claudyauguste@gmail.com

The Three Acronyms: Islamic State “IS” vs “ISIS” vs ISIL


By Rosie Bourget

Which one means what? Which one does what? The group itself declared in June that it wants to be known as the “Islamic State.“ So what is the difference between the three acronyms, and why does each one of them carries such political resonance? Why do government officials prefer “ISIL”?

The letter “I” has become so popular nowadays, in order to keep up with it, one wonders if one shouldn’t go back to preschool in order to update his/her A B C’s. First we had IPod, IMac, and then IPhone, IPad, IWatch; now we are dealing with IS, ISIS and ISIL. With so many “I” with different meaning, there are tons of reasons to be confused.

The Islamic State of Iraq and Syria (ISIS)

The group began as a splinter from the terrorist group al Qaeda. The original name it in Arabic was Al-Dawla Al-Islamiya fi al-Iraq wa al-Sham. Or the Islamic State of Iraq and al-Sham. The term “al-Sham” refers to a region stretching from southern Turkey through Syria to Egypt (also Lebanon, Israel, the Palestinian territories and Jordan.) The group’s stated goal is to restore an Islamic state, or caliphate, in this entire area. The town of Levant, just outside of Bangor, Maine, was named for the Middle Eastern region back in 1813. Shamis also a contemporary nickname for Damascus, the Syrian capital; but modern-day Syria is called suriya.

The Sandard English term for this territory is “the Levant,” which is broadly why Mr. Obama and Mr Cameron, the British Prime Minister, use the acronym “ISIL.” Nonetheless, some in the US media claim that the president is using “ISIL” to avoid using the word “Syria,” which is what the “S” stands for in ISIS. They say that talking about “attacking Syria” is tricky for the US government, after Mr. Obama refused to send troops into the country to intervene in the civil war against President Bashar al-Assad. Moreover, U.S. officials use ISIL instead of ISIS to emphasize the group’s goal to expand its influence beyond the borders of Syria and Iraq. And adding to the controversy is an American woman called Isis Martinez, who has petitioned the American media to try and persuade them to avoid the use of her first name.

President Obama authorized airstrikes against ISIS at the beginning of August to protect areas ISIS is trying to take over. Shortly after the first airstrikes, the group executed American journalist James Foley. They also executed American journalist Steven Sotloff.

The Islamic State of Iraq and the Levant (ISIL)

The undefined region around Syria is historically referred to as the Levant; it includes Syria, Lebanon, Israel and Palestine plus Jordan. This name shows that the militants want their area of control to go beyond Iraq. The Obama administration has said that it uses the acronym ISIL As it believes the word “Levant,” which is what the “L” stands for, to be a more accurate translation from the Arabic name.

Islamic State

The militant group announced in June that they were dropping the last two letters of their acronym and instead should be referred to as just “Islamic State”. However, in reaction to this, leading Muslims have called for the name to be altered to discourage people from joining it. “It is neither Islamic, nor is it a State” The group has no standing neither with faithful Muslims nor among the international community of nations” the letter signed by the Islamic Society of Britain and the Association of Muslim Lawyers said.

The militant group was established by the Jordanian national Abu Musab al-Zarqawi in 1999 when it was initially known as Jama’at al-Tawhid wal-Jihad. It then became known as “AL Qaeda in Iraq” after becoming part of Osama bin Laden’s network in October 2004. Since then, the group has operated under numerous guises until its current leader, AbuBakral-Baghdadi, officially declared it had set up an Islamic State across parts of northern Iraq and Syria on
June 29, 2014.

With so much going on around the world, Ebola in West Africa, Chikungunya in the Caribbean, ISIS, ISIl, IS in the Middle East…it would not hurt to conclude this article with a humoristic note by saying: I can see the difference now. Even though I don’t know much about ISIS, I care less about IS, I don’t give a damn about ISIL. Therefore, I pass and I rest my case. So, I will see you soon to talk more about IBama’s response to ISIL. You know what I mean?

isis islamic state

r _ b o u r g e t @ y a h o o.c o m
MSW (Masters of Social Work)
Therapist