12 janvier 2010-12 janvier 2015 : CINQ ANS


Par Rosie Bourget

seisme en haiti tente

C’est dans le calme et la bonne humeur que se greffent les ailes qui nous permettent de nous envoler et de survoler nos difficultés. Les séismes sont les catastrophes les plus meurtrières. Les catastrophes naturelles font chaque année dans le monde des dizaines de milliers de victimes, des millions de sinistrés et plus d’une centaine de milliards de dollars de dégâts. Aujourd’hui ayons une pensée positive pour les victimes et disparus du 12 janvier 2010, puis pensons sérieusement et agissons véritablement devant les causes qui ont mené à de telles catastrophes. Dans chacun de nos gestes, ayons en tête et en conscience non seulement les autres humains, mais tous autres êtres vivants autour de nous. Le ciel ne nous laisse jamais tomber. Il nous fait passer parfois par des chemins des plus désagréables, mais c’est généralement parce que quelque chose de bon attend au bout du chemin. Il y a des croisées partout dans la vie, et parfois les choix pris font gouter à la merde, mais ensuite on arrive à mieux se réjouir des fleurs. Bon courage à tous !!!
Une pensée spéciale pour nos frères et sœurs qui sont encore sous les tentes. Tout comme notre corps qui nous envoie souvent des signaux quand quelque chose ne va pas, la planète parle fort à nous, les humains, qui n’en prennent pas assez bien soin depuis longtemps. On a l’impression que la terre semble avoir frappé là où elle est moins respectée, mais on se demande est-ce qu’Haïti est du nombre ? Pauvre Peuple !!!
Haïti retombe-t-il dans l’oubli ?
On ne saurait oublier cette date fatidique marquée à l’encre noire dans l’histoire de notre pays dont le nombre de morts est supérieur à 300.000. Et, selon certaines estimations, s’élèvent à prés de 500.000, sur une population totale de 8 millions. De nombreuses personnes ont été victimes, certaines souffrent d’un traumatisme psychologique et d’autres sont atteintes physiquement. Chacun a une histoire à raconter en la circonstance. Des centaines de milliers de gens dormaient à la belle étoile. Sur toute l’étendue du territoire était invoqué un seul nom « Seigneur Jésus ». Cette question de religion officielle n’était pas de mise. Chrétiens comme païens récitaient la même leçon « Bondyé pityé pou ayiti ».
Qui aurait cru qu’on aurait brisé la chaine d’ethnocentrisme qui faisait croire que le protestantisme, religion souvent opposée au catholicisme, et qui, cependant, comme elle, est issue du christianisme, était la meilleure ? Partout c’était la détresse. Il était quasiment impossible de distinguer le chrétien du vodouisant, l’intellectuel de l’analphabète, le riche du pauvre, l’homme d’affaire du revendeur. Pour la première fois après la Bataille de Verrières qui a conduit à notre soi-disant indépendance, on était un seul peuple, une seule nation. Cinq années se sont passées les victimes revivent encore le moment terrible comme si c’était hier. Pour ceux qui ont perdu un ou plusieurs membres de leur famille, il est difficile de placer l’éponge. Ils sont tellement obsédés au point qu’ils en parlent constamment.

La nécessité d’un esprit de solidarité à long terme
On s’en souvient des haïtiens qui ont fait preuves d’unité et de solidarité pendant les jours qui ont suivi le séisme. Alors que certains se serraient le coude afin de dégager leurs proches des décombres avec leurs mains nues, ou les moyens du bord, parfois munis de simples outils de maçons. D’autres cependant, partagent le peu de nourriture qu’ils avaient avec leurs voisins. Ce même esprit de solidarité et d’unité, où est-il passé ? Pourquoi ne pouvait-il pas être à long terme ? Faut-il un autre désastre naturel pour que les haïtiens s’unissent à nouveau ? Pourquoi ne pas faire l’effort de nous entendre pour continuer la lutte, nous redonner une autre chance ?
Puisque nous sommes semblables, nous pouvons nous comprendre et coopérer pour le bien de tous. Nous avons des besoins similaires : s’abriter, manger, se vêtir, s’instruire, etc. Or on peut manquer de ressources pour satisfaire son besoin, selon ses capacités individuelles. On peut aussi, au contraire, être capable de satisfaire le besoin d’un autre. Là réside l’intérêt de la coopération, c’est-à-dire de l’échange et du partage. Chacun met à disposition des autres ce dont il dispose. Et chacun peut bénéficier des ressources des autres. Tout cela, pour le bien individuel et commun. C’est ce qu’on appelle la fraternité. Quand plusieurs personnes unissent leurs forces et leurs compétences vers un même but, on dit qu’ils coopèrent.

seisme  haiti ile maudite

Pourquoi est-ce qu’on dit qu’Haïti est un pays maudit ?
Quand ce n’est pas un scenario de crise politique pour détourner notre attention, une élection frauduleuse, un retour spontané d’un président exilé, un coup d’état, une épidémie de choléra, un cas de kidnapping ou de viol, c’est la nature qui s’est mis en colère.
Comme a dit l’adage « Quand vous perdez ne perdez pas la leçon. » Après avoir vécu une telle catastrophe à nulle autre pareille qui a semé le deuil dans les familles haïtiennes, et un infini cauchemar, avons-nous appris ou perdu la leçon ? Qu’est-ce que le séisme a changé dans notre train de vie ? Devons-nous réfléchir à ce que devrait être la prochaine étape ? Qu’il soit de près ou de loin, avons-nous jamais joué un rôle proactif en décidant de ce dont le pays avait besoin pour se remettre sur pied ? A quelle difficultés sommes-nous confrontés aujourd’hui ? Que répondent les autorités responsables aux innombrables critiques qui pleuvent sur elles ?

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Une opportunité ratée
12 janvier 2010, voilà une date inoubliable que les haïtiens devraient considérer comme une porte de sortie. Au lieu de saisir l’opportunité, d’appliquer le proverbe « la chance qui passe la chance à prendre », ils l’ont laissé glisser entre leurs mains comme une grosse anguille, ou passer comme une lettre à la poste. A quand une meilleure condition de vie, une stabilité politique et économique, la fin de l’injustice infligée à un peuple sans défense, la fin des luttes fratricides et des querelles incessantes dans le pays ? Se montrer indifférent l’un envers l’autre nous fait plus de mal que de bien. Il est temps que l’on suit les exemples tracés par nos ancêtres qui ont su jouer le jeu en faisant de la fraternité et la liberté leur cheval de bataille. Le moment est venu de se mettre ensemble pour aider Haïti à renaitre de ses cendres. Cinq ans après le séisme dévastateur d’une rare intensité, ce pays ne fait plus la une des actualités. Haïti retombe dans l’oubli, rien ne change, rien n’avance.
Alors que des millions de personnes ont subi des traumatismes profonds, la perte de proches, la destruction de leur maison, les blessures physiques graves, les amputations ; au risque de me faire répéter, on a l’impression que la terre semble avoir frappé là où elle est moins respectée, mais on se demande est-ce qu’Haïti est du nombre ? Est-ce qu’il est condamné comme une eau stagnante à ne jamais bouger d’un seul pas ? Il est temps que les autorités se mettent au défi de suivre à travers, de vivre ce qu’elles prêchent, de tenir ce qu’elles disent.
Y a-t-il de nouvelles initiatives en ce moment pour mettre le pays sur le piton ?

Plus de 500.000 personnes sinistrées vivent encore dans les conditions infrahumaines dans les camps de fortune qui se sont multipliés partout. Où sont passés les plusieurs centaines de millions de dollars destinés à de nouveaux projets de logements en Haïti ? Dans un pays où la vulnérabilité est de rigueur, un tel projet digne de son nom aurait tout son sens et répondrait aux besoins des sans-abri et des populations affectées. Est-ce que la Croix-Rouge américaine, aurait dépensé la totalité des dons obtenus en faveur d’Haïti ? Un pays au nom duquel beaucoup d’argent a été collecté ? Où est passée cette aide ? Pourquoi en république voisine les choses vont beaucoup mieux ? Qu’est-ce qui nous empêche de déterminer une approche efficace qui nous permettrait de prendre notre destin en main ? En attendant la 6eme commémoration du plus violent tremblement de terre qui a frappé Haïti de son histoire, Je vous laisse le soin de trouver les réponses à ces questionnements.

Rb

11 janvier 2015

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